28.10.2015
Envoi n°225. Isabelle Raviolo ""Les arbres nous saluent..."
D’un oiseau qui se tient caché dans les branches
On aimerait apprendre le délicieux ramage
Comme des loups en chœur les appels déchirants.
Louis-René des Forêts.
Les arbres nous saluent, l’air se recompose
Comme une partition, l’espace
Montre un chemin pierreux
Où la chèvre conduit un enfant fabuleux –
Quel vivre, quel mourir ne vaudrait d’y renaître ?
Je me disais ces mots pour en croire tes lèvres –
Sur ma robe où la nuit ne voulait pas finir
Une fragrance nouvelle annonçait la venue
D’une autre aurore.
Bruissante est la forêt du frisson des arbres
silencieuse au cœur des hommes quand elle parle
un parfum d’enfance s’exhale de ses lèvres.
Isabelle Raviolo, revue FRICHES n°119.
http://terresdefemmes.blogs.com/anthologie_potique/isabelle-raviolo.html
19:43 | Lien permanent | Françoise
21.10.2015
Envoi n°224. Jean-François Mathé "Chanson de l'amour"
Chanson de l’amour.
Tous ces fardeaux dans les nuages
tu les as faits tiens, mais crois-moi,
libre est le jour, comme un visage
que n’a pas regardé le roi.
Nuages, rois sont de passage,
nous restons ici toi et moi.
Aimons-nous sans ta chanson grise
qui mêle la pluie à l’amour.
Blancheur des lilas, des chemises
fleurissent encore et toujours
et mieux que je ne dis te disent
qu’il n’est que soleil dans l’amour.
Ne pleure plus, vois d’un œil sec
comment chaque oiseau se désaile
pour n’être qu’une pointe, un bec
qui cloue aux cœurs un peu du ciel.
Ce brin d’azur, partons avec
vers de graves péchés véniels.
Jean-François Mathé Chansons sans en avoir l’air in Revue Décharge 166. Juin 2015.
Jean-François Mathé dans "Vous prendrez bien un petit poème ? " : envoi n°127 "Le soir vient d'abord dans les voix..." ; envoi n°128 " La main que j'avais enlevée..." ; envoi n°223 "Chanson des larmes".
19:43 | Lien permanent | Françoise
14.10.2015
Envoi n°223. Jean-François Mathé "Chanson des larmes"
Chanson des larmes
Les étoiles sont trop figées
pour devenir larmes qui coulent.
Leur faudrait mes yeux affligés
qui voudraient bien qu’enfin s’écoule
en perles claires, voire en houle
toute cette peine que j’ai.
Au lieu de larmes, des étoiles
ça me semblerait élégant :
j’aurais mouchoir de fine toile
pour les recevoir dignement,
les voir s’éteindre doucement
le temps que le chagrin se voile…
Mais je redeviendrais moi-même,
passant tout mon temps à chanter
sans atteindre le chant lui-même :
toujours s’éloigne ce qu’on aime
même retenu embrassé.
A quoi bon les larmes qu’on sème,
d’autres seront à amasser
et demain comme hier les mêmes.
Jean-François Mathé Chansons sans en avoir l’air in Revue Décharge 166. Juin 2015.
22:14 | Lien permanent | Françoise
