23.02.2022
Envoi n°516. Ysabel LORANS "Corail de Patience"
Mes mots s’en vont rejoindre votre silence
de tous les jours.
Je tiens serré chaque silence
comme de belles branches vertes.
Ils sont pour moi des océans que je prends
dans les mains.
Vous ne voudrez pas dire que les fleurs
sont fanées.
Les fleurs ressuscitent dans le cœur
de la chambre.
Vous les regardez et vous frémissez.
Vous savez pourquoi.
(...)
L’été m’a rapporté les plumes d’un très bel
oiseau qui passait dans mon ciel.
J’aime ce geai. Ses yeux sont deux diamants
admirables.
Quand j’approcherai de lui, mon cœur
cessera de battre.
La fenêtre tout en haut de la vieille maison
recherche les éclairs.
La nuit respire dans les bleus de mes draps
un soir qu’ils sont là.
Mon âme a pris l’échelle pour mieux l’entendre.
Ysabel LORANS Corail de Patience
Jacques Renou, Atelier de Groutel, collection « Choisi », Sarthe, 2010.
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17:58 | Lien permanent | Françoise
16.02.2022
Envoi n°515. Jacques MERCERON "OISEAUX"
OISEAUX
Vous jubilez
Oiseaux déposant de douces ou
Voraces morsures à la surface de la mer
Cardeurs du ciel
Sciant
sillonnant
Vous êtes cris et stries
Au sein du grand respir qui fait
Surgir et onduler les feuillages
Mouvoir les silences
Ni alouettes au miroir
Ni merles moqueurs
Vous jubilez aussi
Rapaces mordillant des roses de feu
Aigles royaux
Faucons pèlerins
Harpies féroces
Vous
Aras rois des falaises
Aras gorgés d’argile
Braises échappées d’un rêve maya
Grandes fleurs de paradis
Oriflammes en marche vers le soleil
Et vous fous de Bassan
Milliers de confettis blancs
Semés à l’horizon
Voltigeant en tous sens
Et soudain plongeant
En salves de mitraille
En avalanches de mort
Qui sont votre Vie
Ô vous aussi oiseaux d’Indiana
(...)
Jacques Merceron ARPA revue de Poésie, n°131, février 2021. http://www.arpa-poesie.fr/
17:59 | Lien permanent | Françoise
09.02.2022
Envoi n°514. Jacques MERCERON "ALASKA IV"
ALASKA IV
Cri rauque-aigu de gorge profonde projeté
En giclée dans l’air impollué
Cri tranchant déchirant
Comme lame dans la chair vive du monde
Cri repris en écho propre et lointain
Par le mur des appels
Ballet tournoyant d’ailes offertes au soleil
Ciseaux cinglants coupant les filaments d’azur
Et pourtant vivantes navettes
Tissant et retissant un vêtement d’épousailles
Toujours neuf
Tisserandes du ciel et de la mer
Mouettes si proches
Si lointaines.
(8-10 août 2019)
Jacques MERCERON OISEAUX
in ARPA, Revue de Poésie, n° 131, février 2021
http://www.arpa-poesie.fr/Derniernumero.html
18:01 | Lien permanent | Françoise
