http://www.xiti.com/ ID de suivi

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25.05.2022

Envoi n°529. Louise Moaty "profondeurs dérivent..."

Mer (source)

 

profondeurs dérivent

âmes flottantes     qui regardent danser     aux marbrures de

l’eau     lumière laissée morte     filtrée     fondue de sel

ombre     débris de rêves     matière d’êtres dissous     je suis la

voix de ceux dormant tapis     courants divers d’erreurs     et de

regrets     remous d’inquiétude     où mes sables enfin     mes

larmes assourdies     grand vent     prédictions     la voix de

ceux gisant     où chaque embrun     où toutes les poussières

     particules     faluns     concrétions calcaires     ruines

restes de rois     de cris     d’arbres figés     traces d’exploits 

chimiques     radioactivité     la voix de ceux glissant     décom-

posés     bercés par les marées     les chenaux     les secrets

quand l’écho disparaît     voix de ceux tournoyant     ceux qui

ont tout quitté     ceux qui n’ont plus que moi qui ne sont plus que

moi     et leurs songes éclos     fleurissant     invisibles

végétaux dissonants     ceux devenus récifs     improbabilités

     algues     cristaux tremblants     insomnie des rochers

des restes de reflets de nacres     de pensées     fleuves effilo-

chés     couleur     hasard cobalt     azur     où les méduses

dentelle abandonnée     épaves rebrodées de basalte

d’oubli     ceux qui précipités de boue de vase     en vortex pé-

riodiques     sombrant     inassouvis     mastication des chairs

(...)

Louise MOATY Mer (source), revue Décharge 193, revue trimestrielle de poésie.

https://www.dechargelarevue.com

 

 

19:14 | Lien permanent | Françoise

18.05.2022

Envoi n°528 . Louise MOATY "J'entre le sommeil profond..."

 

J’entre dans le sommeil profond par des portes qui s’ouvrent

une à une

vers la nuit plus épaisse

je dors et plus profond encore

dans la nuit matérielle

galeries grottes sombres des paliers de sommeil

des conduits souterrains

le sol tombe à tâtons j’avance je m’enfonce

tous les rêves s’effritent nuages poudre fine

avalés par l’eau sombre par l’eau souple subtile

l’eau plus sèche l’eau très noire

la vieille eau enfumée où mes pas sont des lieux

mes mots vagues lueurs mes yeux

tout horizon

abandonner mon poids dans cette eau plus pesante

sommeil lourd fleuve noir

que charrient les dormeurs

 

 

Louise MOATY A la métamorphose (extraits), in Revue Diérèse 79, 

poésie et littérature. http://diereseetlesdeux-siciles.hautetfort.com

 

 

 

22:18 | Lien permanent | Françoise

11.05.2022

Envoi n°527. Paul de ROUX "Le Retour", "Plus bas" & "Dans la cour"

 

LE RETOUR

La neige qui est la grâce de l’hiver

la voilà qui vole en muets tourbillons

-- un pan de la brute tombe dans le silence

et le creux de la main reçoit un frais baiser :

une goutte d’eau est de retour parmi nous.

 

 

PLUS BAS

Plus bas que la parole

et sous les faits et gestes

et toute utilité, toute nécessité

un champ d’étoiles ressuscitées

reçoit celui qui tombe et passe

au travers du plancher.

 

 

DANS LA COUR

 

Dans cette cour où les immeubles l’écrasent

le bouleau agite encore toutes ses feuilles au vent de novembre

-- c’est comme une corbeille de piécettes projetées vers les étages

et de minuscules ombres chinoises glissent sur les murs

à travers ses barreaux l’esprit de la terre danse.

 

 

Paul de Roux Les Paspréface de Jacques Réda ; en couverture, aquarelle de Jacques Bibonne ; Éditions Le Silence qui roule, 2022.pp. 25, 33,  45 http://www.lesilencequiroule.com/

 

*Paul de Roux (1937-2016) dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°98 « Matin » & n° 99 

« Les Tuiles », in Revue PORT-des-SINGES, n°5, 1977, Rédaction-Administration : Pierre-Albert Jourdan ; envois n°305 & 307, extraits de « Au jour le jour. Carnets (1974-1979) », éditions Le temps qu’il fait.1986 ; envois n°526 & 527 : extraits de « Les Pas ». http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/

22:15 | Lien permanent | Françoise