09.01.2013
Envoi n°92. Thierry Metz " La table est mise l'assiette est nue..."
La table est mise
l'assiette est nue
que survole une aile
éclairée de bleu
personne ne dit rien
c'est le petit jour
et du pain sur la nappe.
*
Flanqué d'oiseaux
j'entre dans le bois
c'est là qu'on travaille
avec de jeunes outils
à la taille à la coupe
on fait des feux
qui font peur aux arbres
puis chaque feuille s'abandonne.
*
De n'être rien
que ce qui est
de ce qu'il reste
brûlé
dans nos voix
comme un nom
après le travail
délivré
de l'herbe
sauf peut-être dans l'âme
du grillon.
*
Le soir sur le chemin
je ne rejoins que mes pas
creusés comme un visage
mais je sais
que plus loin
je suis aimé par un ruisseau.
*
Être dans la robe du jour
comme s'il m'était donné
de porter un vêtement très fin
mais de chaque jour
sans le déchirer
pour elle.
*
Le poème est amoureux
bercé par les vents
près de toi
qui bouleverse mon écriture
pas à pas
heureux de n'être
qu'un étourneau.
*
Je retourne dans le bois
pour un écureuil
pour un mot
ici j'ai su garder ce qui était familier
du souffle et des bruits des limites
ce qui était difficile
parce qu'une ronce une seule
y tenait.
Autant que le merle.
*
J'ai fini le toit aujourd'hui
demain je commencerai la porte
en passant par les branches
je n'ai quitté mon visage
qu'un instant
à midi
pour le laver
pour lui trouver un peu de lumière
un peu d'herbe.
Thierry Metz Tel que c'est écrit. Éditions L'Arrière-Pays. 2012
19:48 | Lien permanent | Françoise
04.01.2013
Envoi n°91. Thierry Metz "Blanche étable qui sommeille..."
Blanche étable qui sommeille
Au large des vignes
Dans les fabulations de l'arbre !
Là est ma demeure :
Un petit lit de paille
Entre portes et fenêtres
Et l'audience d'un chemin
Sur les terrasses du jour.
(p.185)
La maison du récitant
Vous mes rieuses qui sortez de l'étable
Porteuse d'argile et de graines
Prenez place à mon repas.
J'ai coupé l'ortie qui incendiait le seuil
Et vous mes très chaudes
Parées de laines blanches
Et d'écailles
Vous seules qui accédez à l'arbre
Transplanté dans l'éclat
Soyez rafraîchies.
(p.183)
Assise sous les nattes vertes des palmes
elle écoute l'homme à même ses bras :
elle est biche au jardin des chamelles.
Ô fruit tendu vers les fantasias du sel
Ô Toi fruit, salive curieuse du noyau
qui bâtis chaque nuit avec des clous de lumière
entends ce qui est duvet :
« J'avais rêvé un silence et ce silence était d'amour
il avait fait de moi la simple algèbre des sables ;
une paix, semence de mon sang.
J'étais un homme, j'étais une fleur
et cette fleur était mon fruit.»
(p.189)
Thierry Metz in Revue Diérèse n°56, mai 2012.
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La revue Diérèse n°56 (350 pages), mai 2012, est entièrement consacrée à Thierry Metz ( poèmes inédits, lettres, dédicaces, photographies...), sous la direction de Daniel Martinez et Isabelle Lévesque. 8, avenue Hoche.77330. Ozoir-la-Ferrière .
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Voir également Diérèse n°52/53 (332 pages) printemps 2011, entièrement consacrée à Thierry Metz (inédit :Carnet d’Orphée, correspondances, documents, photos, textes rares et entretiens tirés de revues, textes et poèmes en hommage).
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Thierry Metz Carnet d'Orphée & autres poèmes avec quatre encres inédites, dont une aquarellée, de Jean-Claude Pirotte. Préface d'Isabelle Lévesque. Éditions Les Deux Siciles. Daniel Martinez. 8, avenue Hoche. 77330. Ozoir-la-Ferrière .
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Thierry Metz dans «Vous prendrez bien un petit poème?» :
http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/search/Thierry%20Metz
Notice et rudiments de bibliographie :
http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/thierry-metz.html
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sur le site de Pierre Kobel :
http://pknet.pagesperso-orange.fr/poesie/resu/tmetz/tmetz...
00:17 | Lien permanent | Françoise
