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26.02.2014

Envoi n°147. Josette Ségura "Nous avons enfin trouvé les étangs..."

Nous avons enfin trouvé les étangs

en prenant un chemin de terre sablonneuse,

le parfum de la menthe, du sol humide jaune

de feuilles,

nous accueillit,

un ruisseau d'eau rousse longeait le chemin

d'herbe

qui fait le tour du grand étang, au joli nom

de Brameloup,

il avait plu la veille,

tout était gorgé d'eau

sous le soleil d'automne, le vent glacial,

nous guettions le héron cendré,

pas d'oiseaux aujourd'hui,

sauf dans le ciel un peu avant,

des oies sauvages désorientées,

leurs piaillements nous firent lever la tête,

oui, la saison froide arrivait à pas de loup.

 

 

Josette Ségura Dans la main du jour Éditions Editinter. 2013

21:28 | Lien permanent | Françoise

19.02.2014

Envoi n°146. Josette Ségura "Les larmes gardent..."

Les larmes gardent

du côté de la vie

où se préparent les fleurs et les fruits,

elles nous relient.

 

La table

accueille le jour qui passe par la fenêtre,

c'est comme une invitation à faire du jour en soi.

Que fera de nous ce jour ?

 

page 9

 

 

Noter ce qui nous arrive,

évoquer ce qui vient, est venu

dont nous avons tenu compte,

peut-être pour ne pas perdre tout à fait

cette modeste collection d'éclaircies,

la retenir.

page 10

 

 

Dans une lettre, je lis à la hâte :

« moisson de pur froment du quotidien

habité (la lumière du jour) »,

quelqu'un vient de me dire

ce que j'essaie de faire

depuis ce premier poème de larmes et

d'incertitudes.

 

page 32

 

Josette Ségura Dans la main du jour Éditions Editinter. 2013

 

 

 

20:27 | Lien permanent | Françoise

12.02.2014

Envoi n°145.Noël Ruet "Univers"

Ma poésie, es-tu l'exemple

De ce long, immuable été,

De sa lenteur, de son ciel ample,

De sa tranquille majesté ?

 

Ô ma poésie, as-tu lui

Jamais comme ce peuplier ?

As-tu frissonné comme lui

Quand le vent est son allié ?

 

Pourrais-je mieux faire la preuve

De la musique du silence,

Que ces roses blanches qui pleuvent

Que la chaleur qui les balance ?

 

Es-tu comme cette eau capable

De prendre le ciel sans bouger

D'être le miroir d'une fable

Où l'heure passe pour changer ?

 

Si des mots tout neufs t’appelaient,

Le soir comme font les fermières,

Ferais-tu un grand seau de lait

Un puits de mousse et de lumière ?

 

Ma poésie, ô mon langage,

Que te demandé-je vraiment ?

Tu n'as pas de temps et pas d'âge,

Tu dis vrai même si tu mens.

 

Tu donnes un nom et la chose

Sort des ombres, devient visible,

Et c'est par sa métamorphose

Qu'elle existe au monde, indicible.

 

Tu es la rose et sa musique,

Le tremblement du peuplier.

L'étang à quoi le ciel réplique,

Le lait aux étoiles lié.

 

Ô ma poésie, il est vain

De te donner règle et compas.

Le grain de poussière est divin

Si tu le touches de ton pas.

 

Noël Ruet Univers. Ce poème est extrait du recueil Les sources dans le cœur paru en 1963.

 

Micro-éditions La Porte. Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin, 02000 Laon. (Les livrets sont cousus main.)

http://terreaciel.free.fr/maisons/laporte.htm...

 

 

 



22:45 | Lien permanent | Françoise