29.08.2018
Envoi n°357. Souad Labbize "Tu voyages souvent..."
5
Tu voyages souvent
dans chaque ville
mon cœur ouvre
une ambassade
(…)
6
(…)
Si tu as froid
dans ta maison
loin de mes mains
approche du bûcher
où crépitent les doutes
Rien qu’une parcelle
de ta voix
un segment mélodique
que tu céderas
à mes chantiers d’exil
vois-tu
j’ai le goût de bâtir
un pays de consolation
peuplé de nous autres
poussière d’individus
déshérités de la lumière
Souad Labbize «Je rends grâce à l’arobase » poèmes. Ali Silem dessins.
Editions Les Ecrits 9. 2017. 2 Rue Philippe Noiret, 81600 Gaillac. http://www.lesecrits9.com/
16:31 | Lien permanent | Françoise
22.08.2018
Envoi n°356. Souad Labbize "Vous passez près de mes rêves..."
Vous passez
près de mes rêves
ne faites pas de bruit
Depuis qu’on m’a dit
qu’à vol d’oiseau
tu n’es pas loin
j’évalue l’attente
en miles
2.
Assise au bar
te parler de Palestine
ne t’imagine pas
que je ne sais pas
te parler d ‘amour
la bière ruisselle
sur la paroi de ton verre
mes lèvres font plusieurs fois
l’aller-retour jusqu’à Gaza
en passant par Damas
sans réduire la distance
entre ma langue et
la goutte
qui glisse dans ta gorge
Souad Labbize «Je rends grâce à l’arobase » poèmes. Ali Silem dessins.
Editions Les Ecrits 9. 2017. 2 Rue Philippe Noiret, 81600 Gaillac. http://www.lesecrits9.com/
11:53 | Lien permanent | Françoise
15.08.2018
Envoi n°355. Béatrice Marchal "Ce n'estqu'une égratignure...".
Ce n’est qu’une égratignure, presque rien,
il faudrait n’y prêter pas plus d’attention
qu’à ce qui l’a causée – un mot, un regard,
mais rien n’y fait, elle saigne à flots
épais et sombres que l’on s’efforce
d’arrêter par la compression, simplement
soucieux d’éviter les taches sur la manche.
A ceux qu’on voulut autrefois aguerrir
contre l’ennemi, la rudesse n’apprit
qu’à mieux dissimuler la tare d’un sang
que seul parvient à contenir l’encre noire
des lettres qu’il écrit en séchant.
Béatrice Marchal « Progression jusqu’au cœur ». Editions L’herbe qui tremble. 2018.
(Désolée que les envois n°331 & 354 soient identiques.)
19:52 | Lien permanent | Françoise
