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24.04.2019

Envoi n°386. Nâdiâ Anjuman :"Mon jardin".

MON JARDIN

En la valeur de l’espoir toujours croire – tel est mon désir !

Barrer au chagrin le chemin, créer un autre chemin – tel est mon désir !

 

Les vignes de la vie sans cesse ont besoin d’eau ;

Après la coupe du chagrin, boire le vin de l’avenir – tel est mon désir !

 

Faire couler dans l’ombre même la fontaine des étoiles,

Peindre en vert au clair de lune les prés et les cyprès –tel est mon désir !

 

Pour que mon jardin illuminé avec les joyaux rivalise,

Inviter dans ce tableau les rayons éclatants du soleil – tel est mon désir !

 

Le temps écrira le roman de mes tourments,

Mais emplir d’or le sein de l’histoire – tel est mon désir !

 

Si l’on doit pour ses poèmes célébrer Nâdiâ  Anjuman,

Orner mille carnets de ses vers purs –tel est son désir !

 

(traduit du dari par Franck Merger)

Nâdiâ ANJUMAN (1980-2005) in ARPA, Revue de Poésie, N°125-126 Exils. Mars 2019, page 137.

 

« Nâdiâ Anjuman est née en Afghanistan, à Hérat, en décembre 1980. Elle a publié en 2005 son unique recueil « Fleurs de fumée (Gul-e doudi) », écrit en dari, forme afghane du persan, et comprenant des ghazals classiques, des variations autour du ghazal et des poèmes en vers libres.

N’acceptant point qu’elle écrive et qu’elle étudie, son mari l’a rouée de coups au point de la tuer, le 4 novembre 2005. Partout dans le monde, son destin a fait d’elle une figure emblématique des tragédies contemporaines de son pays. Tous les Afghans connaissent son poème « En vain » (« ‘Abas »), depuis que la chanteuse Shahlâ Zolând l’a interprété sous le titre « Fille d’Afghanistan » (« Dukht-e afghân »). ARPA, Revue de Poésie, N°125-126 Exils. Mars 2019, page 135.

 

20:24 | Lien permanent | Françoise

17.04.2019

Envoi n°385. Jean-François Mathé "Ce que j'ai chanté de mes nuits..."

 

 

Ce que j’ai chanté de mes nuits,

étoiles et quartiers de lune,

j’ai tout jeté en vrac dans l’une

dont l’ombre épousait mon ennui.

 

Qu’importe ce qu’il adviendra

de mes vieux refrains enrayés.

J’ai trop vécu mal éveillé

à mal dormir dans de beaux draps.

 

Funambule sur fil du temps,

j’ai fait tous mes pas de travers

au point de tomber dans l’hiver

au lieu d’entrer dans le printemps.

 

Et de ce que le monde donne

à partager, les fleurs, les coups,

comme les autres, j’eus les coups

car les fleurs ne sont pour personne.

 

Jean-François Mathé Passages entre chien et loup in Prendre et Perdre.

Editions Rougerie. 2018.

 

Jean-François Mathé dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°127 «  Le soir vient d’abord dans les voix… » ; envoi n°128 « La main que j’avais enlevée… » ; envoi n°223 «  Chanson des larmes » ; envoi n°224 « Chanson de l’amour » ; envoi n°384 « Le jour ne s’ouvre… ». http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/

22:37 | Lien permanent | Françoise

10.04.2019

Envoi n°384. Jean-François Mathé "Le jour ne s'ouvre qu'à la respiration..."

 

Le jour ne s’ouvre

qu’à la respiration

que nous glissons en lui,

 

au souffle qui lui prend et lui rend

ce qu’il a de plus léger à offrir

et pour en offrir plus,

il agrandit parfois l’espace

entre la terre et le ciel.

 

Quand le souffle nous manque,

le jour nous quitte.

 

Mais à la nuit

la première lampe qui s’allume

semble être, comme surgie d’un vase,

la dernière fleur

que nous avions cueillie en plein soleil.

 

Jean-François Mathé Vivre au bord in Prendre et Perdre. Editions Rougerie. 2018.

Jean-François Mathé dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°127 «  Le soir vient d’abord dans les voix… » ; envoi n°128 « La main que j’avais enlevée… » ; envoi n°223 «  Chanson des larmes » ; envoi n°224 « Chanson de l’amour ».

 

 

22:30 | Lien permanent | Françoise