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Envoi n°131. Jean-Yves Masson ”Descends en toi...”
XX.
« Descends en toi «, dit une voix dans ce moment de désespoir
où il semblait que tous les mots dussent manquer, le monde
faire défaut toujours, « descends sans crainte
au règne obscur, ne t'arme pas contre ce mal,
tout ce qui t'en défend l'augmente.
Souviens-toi qu'une fois déjà tu fus guéri par une image,
et que dans ton enfance pour te défendre de la peur
tu suscitais en toi l'image d'une rose
dont l'éclat conjurait les maléfices du sommeil.
Retrouve en toi cet humble lieu où se rassemble
tout ce qui aujourd'hui te semble voler en éclats. »
Jean-Yves Masson Onzains de la nuit et du désir. Cheyne Éditeur. 2010
30.10.2013 | Lien permanent
Envoi n°130. Jean-Yves Masson ”Après la nuit passée à lire sous la lampe...”
IX.
Après la nuit passée à lire sous la lampe,
la merveille d'un chant d'oiseau.
C'est encore la nuit sur la ville, mais il chante.
Il dit : quelque part au milieu des murs il y a un jardin invisible,
des arbres sont dans le silence qui patientent,
riches de fruits immérités.
Voici, le monde penche sur sa base et je me tiens
solitaire dans le silence, à l'écouter
quand ce n'est pas encore le matin. Je guette la rumeur
des rues qui veillent. Et dans l'attente de mon corps
dansent les mots d'une incertaine communion.
Jean-Yves Masson Onzains de la nuit et du désir.
Cheyne Éditeur. 43400. Le Chambon-sur-Lignon. 2010
23.10.2013 | Lien permanent
Envoi n°179. Max de Carvalho ”Ecrit dans un grenier”
ECRIT DANS UN GRENIER.
Cette nuit le vent a soufflé en tempête,
mon sommeil était léger, entrecoupé de rêves.
Parfois je me levais, j'allais à la fenêtre ;
et toi, assise dans la pénombre du grenier,
tu veillais en silence.
Derrière la vitre ruisselante, cherchant à distinguer
parmi les ombres de la rue une silhouette furtive,
tantôt je croyais entendre un appel dans la rafale,
puis dans les hautes branches du cèdre un cri plaintif.
Ce n'était pas la nuit dormie, entrée en repos,
que j'avais sous les yeux, mais ce qui la tient éveillée.
Alors je me remémorai tes jeux dans la maison perdue.
Ton absence accordait aux veilles anciennes
le lustre des choses disparues.
Et tu me ramenais au souvenir de pièces anéanties,
à ces demeures de sept lieues qui,
par une porte dérobée, communiquent en rêve.
Max de Carvalho ODE COMME DU FOND D'UNE AUTRE RÉALITÉ. Éditions L'Arrière-Pays. 2007
Max de Carvalho dans «Vous prendrez bien un petit poème ? » : Courrier des Lecteurs numéro 20 pour la parution de « La Poésie du Brésil. Anthologie bilingue du XVIe au XXe siècle. » Éditions Chandeigne. 2012 & article de Jean-Yves Masson.
29.10.2014 | Lien permanent
Troisième anniversaire de ”Vous prendrez bien un petit poème ?”
Bashô (1643-1694),
Gustave Roud,Béatrice Douvre,
Raymond Queneau,Georges Bonnet, Henri Heurtebise,
Erika Burkart, Saint-John Perse, Gilles Baudry,
Yongjue Yanxian (1578-1657), Geneviève Peigné, Joan-Maria Petit,
Victor Segalen, Odile Caradec, Jules Supervielle,
Gaston Puel,
François Cheng, Josette Ségura, Pierre-Albert Jourdan,
Marina Tsvétaeva,Ossip Mandelstam, Else Lasker-Schüler,
Yongjue Yanxian (1578-1657), Thomas Vinau, Laurent Deheppe,
Emily Dickinson, Jean Malrieu, Frank Castagné, Arthur Rimbaud,
Sapphô, Monique Saint-Julia, Henri Michaux, Tsoui-hao,
Gilles Lades, Francis Ponge,Claire Garnier-Tardieu,
Béatrice Bonhomme-Villani,Shusai (1874-1940,Jean-Claude Xuereb,
Le 20 janvier 2011, «Vous prendrez bien un petit poème ? » prenait son envol avec l’envoi n°1. Ce 20 janvier 2014, à l'approche de l'envoi n°141, «Vous prendrez bien un petit poème ? », adresse à ses lecteurs ce salut souriant en hommage aux poètes. |
Bernadette Engel-Roux, Thierry Metz,
Pierre Dhainaut, Jean-François Mathé, Tozan (807-869),
Joë Bousquet,
Philippe Jaccottet, Hölderlin, Paul de Roux,
Didier Jourdren, Chushi Fanqi ( 1296-1370), Janine Modlinger,
Issa (1763-1827), Marie-Claire Bancquart, Yvon Le Men,
Anne Perrier,Shanci Tongji (1608-1645), Jean Pichet,
Omar Khayyam,
Judith Chavanne,,Jean Joubert,René Char, Georges Perros,
Jean-Damien Roumieu, Gérard Bocholier, Joso (1661-1704),
Max Alhau, Charles-Ferdinand Ramuz, Wujian Xiandu (1265-1334)
Chantal Dupuy-Dunier, Gil Jouanard, Jean-Yves Masson,
Bernard Mazo,Shiki (1866-1902), Jean-Marc Sourdillon,
Bernard René Grasset, Andrée Chedid, Beijian Jujian (1164-1246)
Anthologie en ligne http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/ |
20.01.2014 | Lien permanent
Envoi n°79. Béatrice Bonhomme-Villani ”Passage du passereau”
Passage du passereau.
Le passereau est un passer-moineau, un petit oiseau de l'ordre de ceux qui passent et traversent, fuselés, la vie précaire.
Le passereau est éphémère, il est passe-fleur, passiflore, passionné comme l'anémone qui vibre en plein-vent d'étincelles.
Ses poumons sont d'oiseau éphémère, les bronchioles se ramifient dans le tissu pulmonaire, le traversent et se prolongent par des sacs aériens qui sont tissus d'or et de songes dans le souffle des nuages.
Le passereau passe le souffle dans le syrinx de son chant comme message d'un ciel si proche et comme essor de passage.
Volatilia, matière volatile évaporée dans la fibre du monde, il vole dans l'obscurité de la nuit comme dans la clarté du jour.
Il taille dans les ailes et les airs jusqu'à trouver la forme juste d'un anniversaire de feuilles.
Il est le souffle de la nuit qui se heurte contre la paroi des fleurs.
Il tourne tout autour de la table des morts et, en veillée funéraire, s'incruste dans le vitrail.
Son oeil de verre rouge irise la couleur.
Sur la neige ne demeure que l'étroite empreinte de sa fine patte de passereau posée sur le mouron des tombes.
Il passe oiseau éphémère comme la précarité de l'amour.
Pour moi, le passereau est bleu, mais je ne sais pas trop sa couleur. Il est bleu comme l'oiseau d'enfance et souffre-douleur d'amour.
Pour moi, le passereau est rouge, mais je ne sais pas sa couleur. Ensanglanté des stigmates de pluie, il traverse les larmes.
Pour moi, le passereau est gris, car je sais trop bien sa couleur. Il passe en glissade légère les ailes étendues, discret, il passe dans la vie précaire.
Et dans les plantes aromatiques, la myrrhe d'un étrange berceau, il passe et renaît, passereau, oiseau de cendre et de lumière.
Béatrice Bonhomme-Villani Passant de la lumière Editions L'Arrière-Pays 2008(¬ice).
Le poète dédie ce recueil à son père, Mario Villani (1916-2006), peintre. "Ne désirant pas que son oeuvre soit exposée de son vivant, il en a confié le soin à sa famille."
Béatrice Bonhomme-Villani "anime avec Hervé Bosio, depuis 14 ans, la revue Nu(e) qui a fait paraître 40 numéros sur des poètes ou des artistes contemporains."(Gaston Puel, Bernard Noël,...).
"(Elle) a également fondé avec Jean-Yves Masson la Société des Lecteurs de Pierre Jean Jouve."
26.09.2012 | Lien permanent
ANNIVERSAIRE 2017. ”Vous prendrez bien un poème ?” a six ans !
Françoise Ascal . Jean-Marie Petit. Antoine Maine. Ferrucio Brugnaro. Jean-Marie Alfroy. Morgan Riet. Dominique Zinenberg. Jean-Pierre Lemaire.Henri Michaux. Marcelle Kasprowicz. Jean-Baptiste Pedini. Colette Elissalde. Jean-Louis Clarac. Evelyne Vijaya. Gustave Roud. Rainer Maria Rilke. Béatrice Marchal. Henry Bauchau. Anne Certain. Georges Cathalo. WANG WEI. Jean Joubert. Andrée Chedid. Christian Bobin. Ghislaine Lejard. Li Po. Jean-François Mathé. Jia Dao. Pierre Dhainaut. Anne Perrier. Henri Heurtebise. Isabelle Raviolo. René Char. Pierre Peuchmaurd. Claude Esteban. Jean Pichet. Liliane Wouters. Jean Malrieu. Judith Chavanne. Frédéric-Jacques Temple. Umberto Saba.
«Vous prendrez bien un (petit) poème ? » a six ans !
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Louis-René Des Forêts. Danièle Corre. Pablo Neruda. Odile Caradec. Abdellatif LaÂbi. Wujian Xiandu Gaston Puel. Jean-Pierre Thuillat. ISSA. Emile Vitta. Josette Ségura. Jorge Luis Borgès. ANON. Beijian Jujian. Jean Chatard. Georges-Emmanuel Clancier. Valérie Rouzeau. Thierry Metz. Gil Jouanard. Chantal Dupuy-Dunier. Victor Segalen. Didier Jourdren. Max Alhau. SAPPHÔ. Jules Supervielle. Edouard Glissant. Jacques Tornay. Colette Nys-Mazure. René de Obaldia. Claude Cailleau. Jean-Claude Pirotte. Marie-Claire Bancquart. Julien Gracq. Jacques Vandenschrick. Michel Cosem. Yvon Le Men. Noël Ruet. Jan Skacel. Monique Saint-Julia. Tomas Tranströmer. Bernard René Grasset. Gilles Baudry. Jean-Yves Masson. Laurent Deheppe. Geneviève Peigné. Raymond Queneau. Georges Bonnet. SAIGYO. Claire Garnier-Tardieu. Philippe Jaccottet. Joë Bousquet. Else Lasker-Schüler. Thomas Vinau. Jean Malrieu. Emily Dickinson. Gérard Bocholier. Jean-Marc Sourdillon. BASHÔ. Charles-Ferdinand Ramuz.
«Vous prendrez bien un (petit) poème ? » a six ans !
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François Cheng. Marina Tsetaïéva. Paul de Roux. Jacques Darras. Vahé Godel. Bernadette Engel-Roux. Frank Castagné. Béatrice Bonhomme. Tsoui-hao. Francis Ponge. Jean-Claude Xuereb. Johann Christian Friedrich Hölderlin. Mina Lobata. Yves Bonnefoy. Janine Modlinger. Alain Freixe. Claude Margat. Jules Laforgue. béatrice dOUVRE. Georges Perros. Ziad Medhouk. Max de Carvalho. Omar Khayyam. Hélène Cadou. Ossip Mandelstam. Erika Burkart. Pierre-Albert Jourdan. Maximine. Gilles Lades.
