07.03.2012
Envoi n°52. Chantal Dupuy-Dunier. Et l'orchestre joue sur le pont qui s'incline.
Tous les matins du monde sont sans retour.
Pascal Quignard
Un matin,
nous nous éveillons
comme si nous ouvrions les yeux
sur tous les matins que promet le voyage.
L'air possède la texture translucide d'une orange.
Le nom des villes portuaires titille nos songes
et le moindre rideau nous semble une voilure.
Des poèmes plein les poches,
nous prenons le large
à bord d'une journée
qui contient l'alphabet entier
à l'intérieur de sa couleur azur.
Nous sommes jeunes
– ce matin,
le miroir a oublié –
nos mains sont blanches et lisses.
Au sol,
notre ombre marche plus vite que nos pas.
La vie semble un large quai,
des docks animés,
un océan infini
– barrette de mouettes
tellement plus loin
que le mot loin paraît étroit.
(…)
Chantal Dupuy-Dunier Et l'orchestre joue sur le pont qui s'incline
Recueil de la revue Poésie en voyage. 2011.
La Porte. Yves Perrine. 215, rue Moïse Bodhuin. 02000. LAON
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