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02.02.2011

Envoi n°3. Cinq haïkus pour le nouvel an chinois.


Une branche de prunier à la main
mes vœux de nouvel an
je présente.

                        Shiki (1866-1902)

Blanc le bouillon de riz
dans mon bol immaculé
au soleil du premier jour de l'année.

                        Joso (1661-1704)

Même mon ombre
est au meilleur de sa forme
ce matin du nouvel an.

                       Issa ( 1763-1827)

Premier lever de soleil de l'année
avec un nuage
comme le nuage d'un tableau.

                      Shusai (1874-1940)

Du premier jour de l'année
l'esprit
le vent dans les pins des cimes.

                    Tozan (807-869)

 


«Mallarmé rêvait d'une pratique du monde autant parlée que vécue où «l'Homme, puis son authentique séjour terrestre» échangeraient « une réciprocité de preuves », – n'est-ce pas à peu près cela ? (…) Quand il se propose d' « imiter le Chinois au cœur limpide et fin » – le Chinois, mais c'est ce sage qui peint trois roseaux et la lune sur une tasse, devant un ciel d'émeraude, nous sommes bien près du haïku – , c'est pour donner son accord à une poétique où le dénommé semble le seul objet de pensée, et la dénomination une « extase ». Les mots dans leur évidence. Et nous, dans la demeure qu'ils font, comme les hôtes d'un jour mais comblés...»


                  Yves Bonnefoy.
Haïku, Avant-propos. Éditions Fayard, 1980.

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