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25.07.2012

Envoi n°70. Jean Joubert "La Colline"

LA COLLINE

 

 

De loin cette colline m'apparut comme un sein, et je rêvai

     de l'alliance ancienne.

Dans la toison feuillue, odeur de femme, pli secret, et souffle

     à mon visage.

Je marchais vite dans la sueur ; à mi-côte un brouillard me prit.

(On passe ainsi l'inquiétude des songes.)

Mais sur la cime : la lumière, et dans la pomme tombée le goût

     des terres de l'enfance.

 

 

     Jean Joubert Les Poèmes : 1955-1975. Grasset. 1977 in Poètes de SUD. Editions Rijois. 1978

 

Jean Joubert dans «Vous prendrez bien un petit poème?» : envoi n° 29 : « Une trêve en plein été » ; envoi n°30 : « Le Cheval ».

12:27 | Lien permanent | Françoise

18.07.2012

Envoi n°69 Georges Perros " Depuis quand l'homme est-il au monde..."


Depuis quand l'homme est-il au monde

on ne sait pas exactement

et de parler on ne sait quand

lui vint ce désir. Plume ronde

 

qui trace ces mots, trop souvent

issus d'une source que sonde

l'ennui d'être là et qu'inonde

l'autre ennui d'être ailleurs. Vraiment

 

il est des soirs où je supplie

ne sais quelle vierge marie

de répondre au moins une fois

 

aux tourments que les hommes disent

sans que rien n'en change ma foi

plus que leur couleur de chemises.

 

 

Georges Perros J'habite près de mon silence... édition finitude. 2011

 

 

«Georges Perros était poète et, comme la plupart des poètes, il se souciait fort peu de recenser ses oeuvres. Il les donnait à des revues, les envoyait à ses amis ou les offrait pour la fête des mouettes de Douarnenez...

Nous avons rassemblé tous ces poèmes, oubliés ici ou là.»

(de l'éditeur, en quatrième de couverture)

 

13:31 | Lien permanent | Françoise

11.07.2012

Envoi n°68. Georges Perros. "Je suis mignonne j'ai des seins..."

Je suis mignonne j'ai des seins

que je regarde tous les soirs

ils sont petits ils sont malins

ils sont les bols de mes espoirs

 

 

Qui les touchera le premier

qui les baisera fêtera

qui les caressera allez

il en aura il en aura

 

 

de ce lait de tendresse humaine

dont on parlait dans l'ancien temps

Je me les garde cependant

tout vient à sein qui sait le prendre

 

 

Avant pendant après allez

nous sommes voués à téter.

 

 

     Georges Perros J'habite près de mon silence... & vingt-sept autres poèmes

     édition finitude. 2011

17:43 | Lien permanent | Françoise