15.08.2012
Envoi n°73. Béatrice Douvre "Le nu est ta pudeur..."
Le nu est ta pudeur sur un parterre de roses, enfant, à la voix tourmentée.
J'avais convié l'insoutenable nuit, pour fermer les deux oiseaux de tes yeux, tes deux sommeils, ton épaule évadée dans l'ombre lente.
Les soleils d'eau tournoient sur le parfait reflet de ta naissance, et sur ton front de vent.
Les infidélités sont dans les chevelures, comme des massacres légers ; dans le fer, la hache claire des soleils courts.
Le sabre des rivières, la lie des branches d'eau, et ces rares vallées où paissent les chevaux, seront ta confidence lorsque tu marcheras du côté majestueux de l'herbage.
J'aime maintenant que tes mains de fileuse se répandent, infidèles, au plus haut bord du monde.
Béatrice Douvre ( 1967-1994) Poèmes inédits in Possible Imaginaire n°1. L'Arrière-Pays.
18:13 | Lien permanent | Françoise

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