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26.11.2014

Envoi n°183. Claude Margat "Lorsque l'enfant quitte l'ombre chaude..."

 

 Lorsque l'enfant quitte  l'ombre chaude

                               toute la vie durant

il garde dans la nuque et sur les épaules

                 ce qu'il faut pour y retourner.

                Du premier au dernier atome

                Du premier au dernier instant

         tout reste relié jusque dans l'oubli

  car l'innocence est la réserve du savoir

                       et l'obscur son berceau.

 

        Claude Margat Quelque chose

Editions Les Petites Allées. Rochefort

www.lespetitesallees.fr

 

 

11:04 | Lien permanent | Françoise

19.11.2014

Envoi n°182. Pierre-Albert Jourdan "Il aurait fallu se dépouiller..."

Il aurait fallu se dépouiller

de tous les noms,

ne garder contre soi

que ce brun-mauve,

cette couleur passante,

le temps d'un saut...

 

Et que reste-t-il de ce cri

maintenant que la masse sombre

des pierres enfante

un autre séjour ?

 

Reste la source,

inaudible au creux du ciel défaillant,

invisible dans le fourré du temps.

 

Si violente est la lumière au ras des labours

que l'on se jetterait à terre

sans plus rien dire

qu'aimer.

 

Pierre-Albert Jourdan L'ORDRE DE LA LUMIÈRE. 1971

(plaquette hors commerce n° 00073)

 

(Pierre-Albert Jourdan dans «Vous prendrez bien un petit poème?» : envois n° 39 «Tombeau des oiseaux» ; n°42 - sous le nom d'Henri Favent - «La pierre et le papillon» ; n°55 «Rôdeurs» ; n° 56 «Une barque» ; n° 84 «Stèle» ; n° 85 «Amandier enfoncé dans le froid...» ; Courrier des lecteurs numéros 10, 21, 23 ; envoi n°181 «Prière»)

 

22:00 | Lien permanent | Françoise

12.11.2014

Envoi n°181. Pierre-Albert Jourdan "Prière"

                      Prière

 

Que l'innocence demeure

qu'il lui soit donné de pouvoir se perdre dans l'inutilité

de ce monde

qu'elle soit suffisamment forte pour oublier de le clamer

que dans son silence où elle éclaire il n'y ait pas d'obstacle

à son silence

qu'elle soulève ce monde las et danse dans sa poussière

que son sourire de fleur soit à jamais inscrit sur mes

lèvres lorsqu'elles deviendront givre

qu'elle soit l'innocence à jamais.

Que d'aucuns puissent s'en saisir qui voudront sauter

hors du bourbier

qu'elle soit ; ce que de toujours l'affirme ce dialogue de

terre et de ciel à l'écart des chemins imposés

qu'elle soit cette folie, suffisamment sourde, receleuse de

source pour que tant de soifs s'y abreuvent.

Amen.

 

Pierre-Albert Jourdan L'espace de la perte (1972-1973)in Le Bonjour et l'Adieu. Préface de Philippe Jaccottet. Edition établie et annotée par Yves Leclair. Mercure de France. 1991.

 

(Pierre-Albert Jourdan dans «Vous prendrez bien un petit poème?» : envois n° 39 «Tombeau des oiseaux» ; n°42 -sous le nom d'Henri Favent- «La pierre et le papillon» ; n°55 «Rôdeurs» ; n° 56 «Une barque» ; n° 84 «Stèle» ; n° 85 «Amandier enfoncé dans le froid...»; Courrier des lecteurs numéros 10, 21, 23)

 

 

22:12 | Lien permanent | Françoise