05.04.2017
Envoi n°295. Gérard Bocholier "Cinéma"
CINÉMA
On emporte sa lampe pour le retour, car les ampoules jaunâtres des rues seront éteintes. Le cinéma Peuf fait halte tous les jeudis dans la salle du café. Quelques rangs de chaises devant le comptoir. Le grand écran est tendu sur les fenêtres qui surplombent la rue. A l’entracte, après documentaire, actualités de la semaine et réclames, on peut acheter à la caisse, un paquet de caramels ou de bonbons acidulés.
J’ai fini par obtenir la faveur d’assister aux séances. J’aime le bruit des deux grandes roues qui déroulent le film, dévident les destinées. Vers minuit, après avoir vu La Table aux crevés ou L’Auberge rouge, au moment de m’enfoncer dans les ténèbres sans étoiles, j’ai bien peur. Mais quelques autres lampes accompagnent les nôtres, avant de s’éteindre, une à une dispersées.
Du brouillard flotte, un portail, un balcon nous menacent. Un grincement de gonds tout à coup nous fait sursauter.
Gérard Bocholier Le Village emporté Editions L’Arrière-Pays. 2013.
22:31 | Lien permanent | Françoise

Les commentaires sont fermés.