22.01.2020
Envoi n°419. Albertine Benedetto "Le rouge-gorge ce matin...".
4.
Le rouge-gorge ce matin
en allé sous la terre
(d’une main pieuse tu as gratté le sol
couché la dépouille sous les feuilles l’œil vide
pattes raidies sur la paroi de la mort)
son ombre aveugle le jardin
5.
A flanc de nuit
les oiseaux en décousent les bords
chaque note fait une trouée
aux bois épais
le monde de nouveau
est un visage
une présence qui remue
dans les gestes du matin
6.
Marais où le ciel se renverse
chenal bassin méandre
la mer se sème dans les prés
ni eau ni terre dédale liquide
transparent aux oiseaux
la lumière s’y noie
et sitôt se ravive
dans une féérie de pluie et de soleil
une mosaïque de bruns et de verts
où flamboient les girandoles
d’un champ de tournesols
Albertine Benedetto OISEAUX, revue « Décharge », n°183.
16:00 | Lien permanent | Françoise

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