01.04.2020
Envoi n°426. Philippe Mac Leod "Demeures du silence".
DEMEURES DU SILENCE.
I
De son haleine proche la bougie pourrait mette le feu aux
ombres. Elle palpite sous le buisson des airs – basse et tenace
dans l’endurance des nuits.
La faiblesse de sa flamme me protège d’abord de moi-même,
elle atténue le visible, elle assourdit la plainte.
La paix ne sera jamais que ce consentement au murmure,
la démesure dans l’impossible saisie de l’infime.
Une flamme blanchâtre – haut perchée sur sa hampe –
une flamme seule règne sur la grande pièce vide.
Sans voix elle égrène une prière
elle veille – gardienne du secret – maîtresse de silence.
Un cœur s’effile et grandit aspiré par le haut
et ne brûle que la cire qui l’enveloppe, chair pâle et trans-
parente traversée d’une lueur enfuie sans la quitter.
Au creux de l’espace elle a fait comme un nid. Et c’est un
chant qui maintenant s’élève
une plume, signant dans les airs, pour la nuit, les serments
d’un grain de lumière jeté au hasard des cœurs.
Philippe Mac Leod (1954-2019) Demeures du silence in Revue ARPA,
n°120-121, octobre 2017.
20:12 | Lien permanent | Françoise

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