15.04.2020
Envoi n°428. Emmanuelle Sordet "Lesven" & "Le temps qui reste".
Lesven
Je n’écris pas pour toi, oiseau rêche des buissons
Fuseau des haies
Mais pour l’océan auquel l’homme s’adosse
Les bras lourds de ses espoirs bannis.
Le temps qui reste
1
Le temps qui reste, ami, se mesure à l’écheveau de tes craintes et
assoupissements ; il te revient d’élaguer, matériel, emporté.
Borne ou loupe, sers-toi des trésors de ta cage et mêle aux jours
nouveaux de quoi confondre l’avenir.
Grippée, la sonde ne parle pas – tant mieux, vois
comme il fait clair par tes yeux.
4
Le temps qui reste est un enfant agrippé aux grilles,
ignorant la possibilité verte du retour.
Il reste.
35
Je serai ta mémoire
Tu seras ma désinence
Il suffit d’attendre
Nous dormirons ensemble
49
Le jour monte sur les avant-postes. Nomme-le amour
car il est beau des heures que les hommes ont tissé de
leurs larmes.
Emmanuelle SORDET Si jamais. Préface de Pierre
Dhainaut. Editions Pont 9. 2018. www.aupont9.com
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