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26.01.2022

Envoi n°512. François Teyssandier. LA NUIT EST UN LEURRE.

LA NUIT EST UN LEURRE

 

Il t’arrive de vouloir lancer des pierres

Pour trouer la face obscure de la nuit

Mais tu sais que tu ne pourras jamais

Sortir de ce labyrinthe de voix et de cris

Que le temps a façonné à ton image

 

Trop de visages familiers épient dans l’ombre

Ton visage mis à nu par la rouille du temps

Trop de voix inconnues se moquent

Chaque jour de tes rires et de tes mots futiles

Qui se brisent comme du verre dans ta poitrine

 

Tes mains ouvertes ne recueillent plus

Qu’un peu de cendres déjà froides

L’oubli bientôt les dispersera

A tous les vents secrets de la terre

 

Il n’y a plus d’amour en ce monde dis-tu

Rien que des brasiers et des ruines

L’amour semble devenu trop vil

Pour féconder sans répit tous ces ventres

Qui n’échapperont pas au festin des vers

 

Tu vis depuis ta naissance claquemuré

Entre les murs opaques du désespoir

Et souffres d’un mal secret qui fouaille ta chair

Comme la lame froide d’un couteau

 

Mais le mot folie n’est qu’un mot

Qui se désagrège sur ta langue

En lambeaux de chair morte

Un mot aussi léger qu’un éclat de ténèbres

Dès qu’il sort de ta bouche

 

(...)

 

François TEYSSANDIER DYPTIQUE in revue Décharge 178,

revue trimestrielle de poésie.  http://dechargelarevue.com

21:09 | Lien permanent | Françoise

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