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16.03.2022

Envoi n°519. Alain LACOUCHIE "terre" & "la guerre"

     terre

30.

Un chêne m’attache

Il ne me parle qu’au printemps

ou lorsque le vent grelotte.

Il m’agrandit à la sérénité.

Quand je partirai avec les oiseaux,

je serai en secret – ou d’azur.

 

31.

Dites-moi les colonnes doriques,

dites-moi les oliviers de l’Attique,

la terre maigre et le ciel si dense,

si pur de ses bleus immenses ;

dites-moi la mer et les enfers,

l’éternité, et la philosophie

comme une évidence.

(...)

 

La guerre

51.

L’homme de Vitruve est l’unité.

Bras ouverts, il est nu d’être si petit,

sans ailes ni destin : seul le temps

lui permettrait d’être un dieu.

 

La tribu est une plénitude

comme deux mains tressées.

Peau contre peau,

peau contre peur.

Tribu maternelle

par la peau de l’autre.

 

Au-delà de la tribu, c’est la guerre.

 

 

 

 

52.

Casques noirs,

boucliers noirs,

matraques.

Boucliers noirs,

molosses noirs,

matraques.

Policiers en noir,

contre.

 

L’indienne

aux joies nues

a des fleurs en feu

à la bouche

et des griffes

à chaque jour.

Elle ne craint pas

les policiers en noir.

Personne ne prendra sa terre

et son enfant.

 

 

53.

Bombes, bruit de bottes

et battements de tambours.

Bombes et brûlures, fractures ;

bombes qui renversent la nuit

et ces cris, des gris qui achèvent.

Et ces noirs bordés d’or,

pleurs d’une mère

seule dans son chagrin.

 

Alain LACOUCHIE Butiner la vie. Un mot de plus de Jean-Claude Martin. Editions Editinter, 2012.

21:58 | Lien permanent | Françoise

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