03.08.2022
Envoi n°539. Marilyne Bertoncini
(cf. méditation précédente sur le pseudonyme de George Sand, issu de Jules Sandeau, nom de son amant)
Saisir désormais la plume du cygne noir
trempée dans l’encre
rouge du SAN(g/) versé
sans dé
sans eau
Rêve de Danaïde ?
ab/sence
ab/lation du sens commun
pour enfin
naître ELLE
ELLES,
ces dames
du temps jadis
écrivaines et
clergesses
du Moyen-Age
Christine de Pizan,
Marguerite d’Autriche
Anne de France,
Claudine Scèves,
Pernette du Guillet,
Jeanne de Jussy,
abbesse de Chambéry,
Marie Dentière,
nonne défroquée,
Jeanne d’Albret,
Hélisenne de Crenne,
Anne d’Este, Catherine de Clèves et Didière Gillet, Nicole Estienne,
Marie de Romieu, Jacqueline de Miremont, Charlotte de Brachart,
Marguerite de Valois, Claude de l’Aubépine, Henriette de Clèves
combien de noms aujourd’hui oubliés
et combien d’autres jamais publiés
combien de voix à jamais étouffées
voix volées
comme à
Lala muta, déesse du silence,
langue arrachée
pour avoir dévoilé l’amant de Juturna, déesse des
fontaines et des puits,
Philomèle violée, langue coupée, qui n’a que son tissage
pour dire le méfait,
Chélone devenue tortue privée de voix pour avoir raillé
Zeus
la douce Syrinx dont le chant désormais vibre au souffle
de Pan...
Echo parlant quand bruit on mène
dessus forêt et sur étang
Récrire la Ballade des Dames du temps jadis*
retrouver le langage des neiges d’antan
la trace abolie de leurs mots
les pas sans voix encore
sur la neige des pages
à venir
Marilyne BERTONCINI XXL...S, illustration couverture : collage d’Alma Saporito, éditions L’Atelier du Grand Tétras, collection Glyphes, 2021.pages 30-33
* François Villon Ballade des Dames du temps jadis (cf. Notes)
14:15 | Lien permanent | Françoise

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