10.05.2023
Envoi n°572. Béatrice MARCHAL "La colline est déjà dans l'ombre..."
La colline est déjà dans l’ombre
Plus haut, par-delà les champs, un chevreuil
s’est arrêté à l’orée de la forêt, face
à l’or dont rayonne encore le monde,
à mi-chemin, on aperçoit dans le cristal
du ciel embrasé quelque chose qui ressemble
à l’amour, un amour gros du retour de l’aube,
des chants d’oiseaux, du jour vainqueur
et l’on songe à mi-chemin, entre les espoirs
d’une jeunesse éblouie et ce qu’engloutit
le temps dans la nuit, on songe
aux paysages, aux chemins
qu’il reste, ainsi dévoilés, éclairés,
à parcourir en glaneurs attentifs.
*
Sur le qui-vive
prêt à l’esquive
dans un bond – presque
un envol – d’une grâce
qui mue la perte
en don,
pourquoi me craindre encore,
chevreuil, frère chevreuil !
Béatrice MARCHAL Derrière attendait l’espace. Peintures de Christian Gardair. Éditions L’herbe qui tremble, 2022.
- Béatrice Marchal dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°219 & 220, extraits de « Equilibre du présent » ; envois n°255, 256 & 332, extraits de « Résolution des rêves » ; envois n°331, 354 & 355, extraits de « Progression jusqu’au cœur » ; envois n°412 & 413, extraits de « Au pied de la cascade » ; envois n°464 & 465, extraits de « L’ombre pour berceau » ; envois n°520 & 521, extraits de « L’inquiétude de l’autre et des mots » ; envois n° 571 & 572, extraits de « Derrière attendait l’espace ».
19:01 | Lien permanent | Françoise

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