http://www.xiti.com/ ID de suivi

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08.10.2025

Envoi n°677. Janine Modlinger "Apprentissage de la vie."...

 

 Il importe, pour l’essentiel, de lever les yeux.

                                     Pierre-Albert Jourdan

 

(…)

      Apprentissage de la vie. Prendre pour modèles le végétal, l’eau, le vent. Tout ce qui va et respire, danse et reçoit, traverse et s’offre.

 

      Ouvrir un livre de Gustave Roud, aussitôt baigner dans cette lumière dorée, dans ces blés en feu, ces visages de moissonneurs jaillis de l’été, le don de la saison et des corps en lesquels le poète a puisé sa nourriture essentielle.

     On se sent proche de lui, comme accueilli par un ami qui s’avance et vous tend les bras dans une communion avec le monde, une même célébration du « quotidien miracle ».

     Cette joie côtoie pourtant une inquiétude qui n’a cessé de le tarauder : la présence de l’ombre, de la séparation, de la mort, la venue de l’hiver, « désert de la pure solitude humaine ».

     Et l’on salue la grandeur de cet homme qui a porté sans faillir l’inexorable dualité.

 

     « Il est sentinelle dans la pénombre d’une ferme… Il descend dans le sommeil d’autrui. Il va au fond des ténèbres. Il cherche… Il murmure la grande litanie fraternelle… Ainsi il répond à toutes les créatures qui gémissent leur rapide printemps… » En ces mots, Maurice Chappaz, dans son introduction à Halte en juin, évoque Gustave Roud. Tout est dit. Faux-semblants et vanité sont écartés. Le poète n’est pas quelqu’un qui se délecte de jolis mots. Il est une sentinelle qui fraternise avec la douleur de l’humain.

 

(…)

     Au sommet des arbres, comme de pitoyables lanternes, les dernières feuilles d’automne – toutes de jaune encore – se balancent au vent, tandis que la neige tombe en lenteur sur le trottoir. J’aime ce décalage de la saison, cette surprise, cette fantaisie, où se trouve le délice de tout ce qui n’est pas ajusté à l’ordonnance de l’habitude.     

     Car ce décalage invite à célébrer la créativité, l’inédit, toutes choses qui honorent la vie à propos de laquelle le poète Roberto Juarroz disait qu’en ce monde il y a une fête secrète que nous oublions de voir.

 

           Janine Modlinger Eblouissements, préface de Gérard Bocholier, éditions Ad Solem Poésie, 2014, pages 28 & 34.

 

 

  • Janine Modlinger dans « Vous prendrez bien un poème ? » : Courrier des lecteurs n°20 ; envoi n°359 « Profusion » ; envoi n°360 « Nous avons marché » ; envoi n°394 « Ma demeure est le présent » ; envoi n°395 « Si grande, la beauté, … » ; envoi n°645 « Sur l’écriture ».

 

  • Janine Modlinger : ébauche de bibliographie : « Veille », Harmattan, 1998 ; « Bernard Picard, le don d’une présence », Biblieurope, 1998 ; « De feu vivant », éditions Eclats d’encre, 2008 ; « Une lumière à peine. Carnets », préface de Gérard Bocholier, Editions de l'Atlantique, 2012 » ; « Eblouissements », préface de Gérard Bocholier, Ad Solem, 2014 ; « Traversée » Poésie, Ad Solem, 2018 ; « D’une lumière neuve », Ad Solem, 2023.

 

22:21 | Lien permanent | Françoise

Les commentaires sont fermés.