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29.10.2025

Envoi n°679. Robert Hamon "Mes oiseaux" Introduction, Sous la pluie

 

   

INTRODUCTION

 

Dit par mes oiseaux, qui viennent du poème

là-bas à la frontière de l’ailleurs,

qui m’appellent, ouvrent le passage

pour aller un peu se perdre vers l’azimut

d’un sourire.

Nous ne faisons qu’un et dans ces feuilles

construisons un nid.

 

ü  

 

SOUS LA PLUIE

 

Viens aux grandes mains de la pluie,

viens sentir la terre, son parfum de racines

évaporé par l’eau.

Viens sous la trempe chevelure tombée du ciel

laver nos poussières et faire les yeux clairs.

 

Écoutons les voix jaseuses qui ruissellent

et les goutte à goutte en contrepoint

sur l’outre gonflée des sols, les arbres s’abreuvent

aux ruissellements des branches il y a des larmes de joie.

 

 

Robert HAMON MES OISEAUX poèmes, l’Atelier Livres d’artiste,

édité à L’Atelier Sain Christol de Rodières juin 2024 25 exemplaires N°12.

Site : http://artmoncreation.e-monsite.com

 

22:35 | Lien permanent | Françoise

15.10.2025

Envoi n°678. Janine Modlinger " Comment écrire sans porter atteinte au silence ?" ...

 

  Il importe, pour l’essentiel, de lever les yeux.                                  Pierre-Albert Jourdan                                                                                                                     

(…)

     Comment écrire sans porter atteinte au silence ?

     L’excès de mots obscurcit l’âme, freine la vie – elle qui a 

besoin de souffle, du grand souffle du large.

     Peintres chinois qui dessinent une simple branche, lais-

sant sur la page un vaste espace de blanc, grand silence où 

elle resplendit.

     Sables bruns allongés bordés de mer, s’étirant jusqu’à 

l’horizon entre ciel et eau. Le cri des mouettes, sans rompre 

le silence, le ponctue d’un chant qui vient se fondre dans 

l’univers.

     Cet être parle. Ses mots viennent, on le sent, de très loin, 

des terres d’enfance, des gouffres traversés, des instants priés, 

un à un accueillis à l’intérieur de soi.

     Sa parole vient du silence et y retourne, le garde, l’élève.

     Sa parole porte loin, vous transforme.

     Lien intime entre le silence et la vie des profondeurs. Dans 

un lieu bruyant, un café par exemple, si nous regardons les 

visages avec l’attention que chacun appelle, nous les embras-

sons dans leur dimension plénière en laquelle chaque visage, 

chaque existence, chaque geste apparaît, malgré le bruit, en-

touré d’un halo de silence.

     Halo de silence, où chaque être surgit en son périple uni-

que, entre vie et mort.

     La contemplation d’une œuvre picturale – Rembrandt, 

 Giotto, Morandi – la musique lorsqu’elle nous permet d’ha-

 biter la vie, intensifient en nous la qualité du silence.

      C’est alors que les barrières se dissolvent, c’est alors qu’a 

 lieu le plus précieux de nos vies : l’ouverture.

      Peu importe la quantité de mots, de pages, de livres : il 

 s’agit de tout autre chose.

      D’une ascèse. D’un silence porté en soi, ce lieu du mû-

 rissement.

      D’un silence contemplé.

 

     Une grange emplie de lumière, volets de bois ouverts au 

 vent, l’odeur de sapins et de miel, de roches et de bêtes y fleu-

 rit, ample et vaste. Ouverte au souffle.

      Un être serait un jour, sans le savoir, devenu cette grange 

 de lumière et de silence.

 

  Janine Modlinger Eblouissements, préface de Gérard Bocholier, éditions Ad Solem Poésie, 2014, pages 30,31 & 32.

 

N.B. : A propos du livre La danse hassidique, textes de Janine Modlinger, fusains de Akiva Modlinger, éditions Ad Solem, 2025. https://www.editionsadsolem.fr/product/130970/la-danse-ha...

     Interview diffusée lundi 13/10 à 9 heures sur le site www.rcnradio.info.

  • Janine Modlinger dans « Vous prendrez bien un poème ? » : Courrier des lecteurs n°20 ; envoi n°359 « Profusion » ; envoi n°360 « Nous avons marché » ; envoi n°394 « Ma demeure est le présent » ; envoi n°395 « Si grande, la beauté, … » ; envoi n°645 « Sur l’écriture » ; envois n° 677 & 678 : extraits de « Éblouissements », Ad Solem, 2014.

 

  • Janine Modlinger : ébauche de bibliographie : « Veille », Harmattan, 1998 ; « Bernard Picard, le don d’une présence », Biblieurope, 1998 ; « De feu vivant », éditions Eclats d’encre, 2008 ; « Une lumière à peine. Carnets », préface de Gérard Bocholier, Editions de l'Atlantique, 2012 » ; « Eblouissements », préface de Gérard Bocholier, Ad Solem, 2014 ; « Traversée » Poésie, Ad Solem, 2018 ; « D’une lumière neuve », Ad Solem, 2023.

 

 

22:26 | Lien permanent | Françoise

08.10.2025

Envoi n°677. Janine Modlinger "Apprentissage de la vie."...

 

 Il importe, pour l’essentiel, de lever les yeux.

                                     Pierre-Albert Jourdan

 

(…)

      Apprentissage de la vie. Prendre pour modèles le végétal, l’eau, le vent. Tout ce qui va et respire, danse et reçoit, traverse et s’offre.

 

      Ouvrir un livre de Gustave Roud, aussitôt baigner dans cette lumière dorée, dans ces blés en feu, ces visages de moissonneurs jaillis de l’été, le don de la saison et des corps en lesquels le poète a puisé sa nourriture essentielle.

     On se sent proche de lui, comme accueilli par un ami qui s’avance et vous tend les bras dans une communion avec le monde, une même célébration du « quotidien miracle ».

     Cette joie côtoie pourtant une inquiétude qui n’a cessé de le tarauder : la présence de l’ombre, de la séparation, de la mort, la venue de l’hiver, « désert de la pure solitude humaine ».

     Et l’on salue la grandeur de cet homme qui a porté sans faillir l’inexorable dualité.

 

     « Il est sentinelle dans la pénombre d’une ferme… Il descend dans le sommeil d’autrui. Il va au fond des ténèbres. Il cherche… Il murmure la grande litanie fraternelle… Ainsi il répond à toutes les créatures qui gémissent leur rapide printemps… » En ces mots, Maurice Chappaz, dans son introduction à Halte en juin, évoque Gustave Roud. Tout est dit. Faux-semblants et vanité sont écartés. Le poète n’est pas quelqu’un qui se délecte de jolis mots. Il est une sentinelle qui fraternise avec la douleur de l’humain.

 

(…)

     Au sommet des arbres, comme de pitoyables lanternes, les dernières feuilles d’automne – toutes de jaune encore – se balancent au vent, tandis que la neige tombe en lenteur sur le trottoir. J’aime ce décalage de la saison, cette surprise, cette fantaisie, où se trouve le délice de tout ce qui n’est pas ajusté à l’ordonnance de l’habitude.     

     Car ce décalage invite à célébrer la créativité, l’inédit, toutes choses qui honorent la vie à propos de laquelle le poète Roberto Juarroz disait qu’en ce monde il y a une fête secrète que nous oublions de voir.

 

           Janine Modlinger Eblouissements, préface de Gérard Bocholier, éditions Ad Solem Poésie, 2014, pages 28 & 34.

 

 

  • Janine Modlinger dans « Vous prendrez bien un poème ? » : Courrier des lecteurs n°20 ; envoi n°359 « Profusion » ; envoi n°360 « Nous avons marché » ; envoi n°394 « Ma demeure est le présent » ; envoi n°395 « Si grande, la beauté, … » ; envoi n°645 « Sur l’écriture ».

 

  • Janine Modlinger : ébauche de bibliographie : « Veille », Harmattan, 1998 ; « Bernard Picard, le don d’une présence », Biblieurope, 1998 ; « De feu vivant », éditions Eclats d’encre, 2008 ; « Une lumière à peine. Carnets », préface de Gérard Bocholier, Editions de l'Atlantique, 2012 » ; « Eblouissements », préface de Gérard Bocholier, Ad Solem, 2014 ; « Traversée » Poésie, Ad Solem, 2018 ; « D’une lumière neuve », Ad Solem, 2023.

 

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