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26.06.2019

Envoi n°395. Janine Modlinger "Si grande, la beauté, ..."

     

 

     Si grande, la beauté, plénière, énigmatique. J’en éprouve

un vertige, je vacille sur l’immensité de la neige.

 

     Il faudrait creuser en soi une vastitude pour l’accueillir.

     Il faudrait s’amplifier, se simplifier.

     Mettre en soi des étendues de silence, de blancheur,

de générosité.

 

     Comme toi ce matin, recueilli sur le piano virtuel de ta

tablette, te mettant soudain à créer. Je t’ai entendu t’élancer

vers la beauté, l’accueillir de tout ton souffle d’homme. Tes

doigts ont effleuré les touches, la musique est venue à mon

âme.

 

     Adossée à la beauté, confiante, l’effleurement du bonheur,

peut-être.

 

     Savamment, doucement, chaque fois que je l’accueille, la

beauté se dépose en moi, nidifie, devient source, eau vive,

lumière.

 

     Entre les plis de la roche, de l’arbre, du ciel, il y a encore

à voir, à respirer, à goûter. Le goût de la vie est comme une

semence inépuisable.

 

     La beauté, surplombant l’absence, dans un combat inter-

minable.

 

Janine Modlinger  LE SÉJOUR, in ARPA Revue de Poésie, N°125-126, EXILS, mars 2019, pp.84-85.

Janine Modlinger dans «Vous prendrez bien un poème ?» : envoi n°359 « Profusion » ; envoi n°360 « Nous avons marché… » ; envoi n°394 : extraits de « Le Séjour » ; Courrier des lecteurs N°20.

 

19:14 | Lien permanent | Françoise

19.06.2019

Envoi n°394. Janine Modlinger "Ma demeure est le présent."

 

 

     Ma demeure est le présent. Plénitude précaire.

     Entre deux battements de porte, dans ce présent fragile,

je nidifie.

      J’ouvre les portes du regard et de l’écoute. J’ouvre les

vannes. Tout flamboie.

      Le réel s’avance, souverain, inconnu. Je titube, entre

éblouissement et détresse.

      Et ce silence dehors, ce silence invraisemblable, sécrété

en cet instant par les montagnes.

      Les voici dressées, barrière de roche et de silence, à la fois  

réelles et immatérielles.

      Des montagnes, pas seulement. C’est devant l’univers lui-

même que je suis.

      Devant l’inouïe beauté. Devant l’univers terrifiant.

 

Janine Modlinger  LE SEJOUR, in ARPA Revue de Poésie, N°125-126, EXILS, mars 2019, p.84.

 Janine Modlinger dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°359 « Profusion » ; envoi n°360 « Nous avons marché… » ; Courrier des lecteurs N°20.

17:40 | Lien permanent | Françoise

12.06.2019

Envoi n°393. Danièle Corre "Les mots frappent..."

 

 

Les mots frappent

aux parois de la nuit,

les murs vibrent de leur appel.

Quelles fenêtres vont s’ouvrir

libérant leur cri ?

Quelles écluses à forcer

avant l’aube ?

 

      •  

 

Ce que dit le corps,

ce sont les marches empierrées

d’obstacles où nous avons buté,

qui gardent la trace bleue

de nos questionnements,

 

ce sont les visages

qui tournoient en nos têtes,

tout bruissant d’ailes

que nous invitons à

se poser.

 

Danièle CORRE, in revue FRICHES Cahiers de Poésie Verte N°129 p. 9, avril 2019. Jean-Pierre Thuillat. Le Gravier de Glandon. 87500 Saint-Yrieix. http://www.friches.org/

 

*Danièle Corre dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°205 « Nous venons de plus loin… ». Envoi n°206 « Un cheval galope… ». Envoi n°392 «  Qu’attend- on… ». http://vousprendrezbienunpoeme.hautetfort.com/

 

 

19:18 | Lien permanent | Françoise