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09.03.2022

Envoi n°518. Alain LACOUCHIE "Désert est las" & "Gourou est fou"

DÉSERT  EST LAS

 

 sur le chambranle d’une porte défoncée,

gémissante face au désert pierreux,

des hiboux revêtus de napalm

assistent, passivement,

au passe-temps des soldats imputrescibles

qui s’amusent à décocher leurs vampires dressés

sur un prisonnier suspendu à un lampadaire

que la lumière calcine.

 

les rats engagent des paris de miettes.

 

ü  

(...)

 

GOUROU EST FOU

 

draguant avec fureur l’huile des frites

dans les stéariques tuyaux d’évacuation,

des escadrilles de picadors de la mort

traquent, tapent, et abattent des otages élémentaires,

afin que leur gourou, parfumé d’éther,

sous son chapeau plombé de dictateur,

à califourchon sur un ventilateur atomique

grâce auquel il les désintègre,

les évangélise, les déguise en grenouilles larvaires

fasse exploser leurs carcasses en un feu d’artifice

de ses fantasmes.

 

Le chef des rats a un complexe.

 

ü  

Alain LACOUCHIE LES RAPACES, Images en prose  orné par Noël Myles, préface de Joseph Rouffanche. 

Editions Hautécriture Collection « Un peu penchée », Les Bordes, 86340 Nouaillé. 1992 

 

21:56 | Lien permanent | Françoise

02.03.2022

Envoi n°517. Ysabel LORANS "La faim gagne l'oiseau..."

La faim gagne l’oiseau quand

             le printemps revient.

Il passera ses nuits dedans le plus haut nid

                         ou bien dessous la pluie.

Le platane généreux veut bien accueillir

                          ce témoin de l’hiver.

 

ü  

 

Le ciel se réjouit d’avoir rencontré

                 un grand fleuve vert.

La pluie a fui avec mes larmes.

La neige chante, très tendrement.

Sous ma paume, il y a vos doigts.

Je les caresse par mémoire.

 

ü  

 

La porte se referme. Je suis venue voir tomber

                                             mon pleur.

Le chemin s’arrête à l’heure que vous sonnez.

                                   Le jour s’obscurcit.

Bien avant vous, les oiseaux mangeaient le pain

                                               que je jetais.

 

ü   

 

(...)

La pierre est rouge dans le jardin, endormie

                           sous un rayon de soleil,

Il manque quelqu’un par-dessus le pont de bois

L’eau murmure votre nom lorsque j’y passe.

 

ü  

(...)

 Ysabel LORANS Corail de Patience

Jacques Renou, Atelier de Groutel, collection « Choisi », Sarthe, 2010.

02 33 28 22 08

 

21:54 | Lien permanent | Françoise