09.07.2025
Envoi n°664. Nathalie Vincent-Arnaud "Les beaux jours".
Les beaux jours
Oh, les beaux jours
sautillant dans le pré
La belle que voilà
ira-t-elle y danser ?
Cotillon simple
pas de côté
elle s’est envolée
par-delà la saulaie
délaissant les chemins tranquilles
vent, vague ou brise marine
chemins de roses, avrils de glace
lacs, étangs, merveilleux nuages
de défilés en embardées
elle continue le voyage
jusqu’à l’horizon où chavirent
une à une
les aubes d’été
les pages de son livre d’images
des beaux jours endormis dans le pré
Nathalie Vincent-Arnaud Déchants, Préface de Renaud Lagrave, deuxième édition. Interstices Editions, 2023
11:55 | Lien permanent | Françoise
02.07.2025
Envoi n°663. Jean-Louis Giovannoni "Bouge un tant soit peu..."
(...)
*
Bouge un tant soit peu,
et c’est un monde qui s’efface.
*
(…)
*
Tout regard
toute parole est un fermoir.
*
De ce côté-ci du monde
rien que l’appel
l’appel avant l’envol.
*
Les mots sont des vêtements endormis.
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Ce besoin de toujours traîner un corps dans ses rêves.
*
Tu regardes l’espace : tu penses aux oiseaux. Et lorsque tu t’agites ce ne sont que tes membres que tu agites.
Rien d’autre.
*
Nous ne nous préparons laborieusement qu’à une seule chose : nous taire.
*
Il est désespérant de devoir tout inventer, y compris l’espoir.
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(…)
*
Il a fallu que je sois vraiment en face de la toile de Nicolas de Staël, Les toits, pour saisir sa vue aérienne, son accumulation d’agitations serrées dans les rues… et tout en haut, ce vide, cet espace où l’air ne compte plus. Puis, cet étonnant bord du vide dont je ne me lasse pas. Quelques pas avant l’envol – juste avant.
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(…)
*
Cette envie de m’établir dans l’espace comme un arbre pousse ses graines hors du visible.
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Qui veut-on tuer lorsqu’on se tue ?
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(…)
*
Tout tient dans l’air sans qu’il y ait besoin d’appui. Passerelle sans aucune rive. Passerelle entièrement aérienne d’où tu ne pourras pas te jeter. Le malheur veut que tous ceux qui passent par-dessus la balustrade ne tombent jamais. Leur vient toujours sous les pieds une autre passerelle.
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(…)
*
On écrit pour se mettre bien avec les mots, pour qu’ils ne nous oublient pas.
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Pourquoi parles-tu de sortir alors que tu es toujours entre dehors et dedans ?
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(…)
Jean-Louis GIOVANNONI Les mots sont des vêtements endormis, éditions UNES, 2014.n https://www.editionsunes.fr/
* Jean-Louis GIOVANNONI dans « Vous prendrez bien un poème ? » : Courrier des lecteurs n°147 : Raphaële George Site consacré à l'écrivain et peintre Raphaële George, par Jean-Louis Giovannoni. https://www.raphaelegeorge.fr/2014/11/presentation.html
11:57 | Lien permanent | Françoise
