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Envoi n°49. Max Alhau. Vraisemblance du feu.
Vraisemblance du feu.
(...)
La parole
est peut-être
la foudre
ou l'inclémence des dieux
ce qui avance le corps
au bout de sa marche
ou élève l'arbre
à la hauteur de ses branches
l'aspect le plus dense du silence.
(…)
L'admirable
le simple
c'est de se savoir de passage
tel un arbre
ou un ruisseau
mais à plus brève échéance
d'être là
au centre d'un monde
dont on ne perçoit pas la réalité.
Chaque instant
qui coule sur le corps
et s'efface aussitôt
en dit la présence.
Les mots les paroles
s'achèvent en même temps
que la main la voix.
Le tragique
est aussi
dans l'imminence de l'absence
de ce qui s'ensuit ou non.
Max Alhau Vraisemblance du feu. in Poètes de SUD. Éditions Rijois.1978.
- SUD est la revue fondée par Jean Malrieu en 1970 à Marseille.
- Max Alhau dans "Vous prendrez bien un petit poème ?" : envois n°48 & n° 49 : "Vraisemblance du feu".
15.02.2012 | Lien permanent
Envoi n°48. Max Alhau. Vraisemblance du feu.
Vraisemblance du feu.
Le corps
est toujours
la somme de ses absences
de ses rêves foudroyés
l'autre qui attend
ailleurs
sait-il où commencent
ses pouvoirs ?
Est-ce la blancheur absolue
qui préfigure
ce que sera
la parole à venir
mais dite ailleurs
continue
dans un autre espace
ce qui s'étire
se retire
et monte
du bas de la page
tard venue
à la mémoire ?
On avance
jusqu'à l'extrême
bord
là où
commence le centre
s'annule la périphérie
Soudain le feu monte
qui détruit
l'emplacement visible
autrefois.
Chaque corps
peuple
le peu d'espace
qui lui suffit.
Les mots et le temps
élaborent le même destin
c'est-à-dire
l'exacte fin
de ce qui est.
Qui peut distraire
le caillou
de son immobilité
sinon ce qui le nomme ?
Tout commence ou continue
- la fable ou l'exil -
le visage remonte
au gré des mots
l'apparence
devient réalité
le temps s'éloigne
ou s'éternise
à la mesure du désir
puis c'est la plongée
dans d'autres nuits
ou d'autres jours.
On ne sait
si on ne dure pas plus
qu'il n'est nécessaire
par crainte de déserter
toute certitude
On ne devance même pas sa perte.
Dans la succession
du temps
dans l'anonymat des foules éphémères
le désordre des mots
ou leur calme apparence
signifie peut-être
l'impouvoir
à évincer
ce qui est par avance condamné
mais essentiel
pour favoriser l'illusion
d'un corps enfin venu
à sa propre rencontre
et prenant la place de dieux
maintenant disparus.
Max Alhau Extraits de Vraisemblance du feu. in Poètes de SUD. Éditions Rijois.1978.
- SUD est la revue fondée à Marseille en 1970 par Jean Malrieu.
08.02.2012 | Lien permanent
Envoi n°507. Max Alhau ”Prendre congé”
Prendre congé
Il y a ces instants qui tanguent
avant d’aborder on ne sait quel port,
avant de mesurer nos forces
pour des travaux minuscules.
On croit que tout est encore possible
comme le surgissement d’un jour de printemps
parmi les neiges ou un visage englouti
qui avive soudain la mémoire.
Mais rien ne recommence :
on s’incline face au vent
et l’on poursuit vers des terres
jamais nommées, toujours lointaines.
xxx
Tu ne sais où prendre place
sinon à côté de ce que tu fus.
A côté de celle qui a pris congé
de son nom, qui s’attarde
dans un temps libre désormais
de toute éternité.
Il faut bien rendre justice
à cette vie qui n’est que l’écho
d’une parole jamais achevée.
xxx
(...)
Max ALHAU in Revue Diérèse, poésie & littérature, N°79, été-automne 2020, pp.105-106. http://diereseetlesdeuxsiciles.hautetfort.com
* Max Alhau dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°48 & 49 « Vraisemblance du feu » in « Poètes de SUD », éditions Rijois, 1978.
Anthologie en ligne http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/
22.12.2021 | Lien permanent
Envoi n°508. Max ALHAU LE VERTIGE, L'ESPOIR
LE VERTIGE, L’ESPOIR
A côtoyer les obstacles,
on se rend compte
que l’avenir n’est qu’un mot
en suspens pesant à peine
sur une vie qui bascule
vers des temps sans lendemain.
Pour Annie
La lointaine, l’en allée
quels mots seraient à même
de résilier son départ ?
Même la mémoire défaille :
son corps, son nom habitent
d’autres galaxies. Un jour
le temps ne se comptera plus
et nous continuerons à nous ignorer
sans jamais nous rejoindre,
puisqu’il en est ainsi de tout destin.
Le vent pourra te surprendre
alors que tu seras au bord du chemin à guetter
celle qui s’évade souvent de son nom.
Tu attendras que cesse la pluie
pour courir au plus près de son ombre,
pour recueillir quelques mots
laissés en marge d’un carnet
trop tôt égaré sans que te pèse
cette attente jamais comblée
et toi jamais déçu
par ce qui n’est que lueur.
(...)
Max ALHAU in ARPA Revue de Poésie N°132, juin 2021. http://www.arpa-poesie.fr/Nous.html
* Max Alhau dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°48 & 49 « Vraisemblance du feu » in « Poètes de SUD », éditions Rijois, 1978 ; envoi n°507 : « Prendre congé » in Revue « Diérèse » N°79 http://revuepoesie.hautetfort.com/
Anthologie en ligne http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/
29.12.2021 | Lien permanent
Envoi n°179. Max de Carvalho ”Ecrit dans un grenier”
ECRIT DANS UN GRENIER.
Cette nuit le vent a soufflé en tempête,
mon sommeil était léger, entrecoupé de rêves.
Parfois je me levais, j'allais à la fenêtre ;
et toi, assise dans la pénombre du grenier,
tu veillais en silence.
Derrière la vitre ruisselante, cherchant à distinguer
parmi les ombres de la rue une silhouette furtive,
tantôt je croyais entendre un appel dans la rafale,
puis dans les hautes branches du cèdre un cri plaintif.
Ce n'était pas la nuit dormie, entrée en repos,
que j'avais sous les yeux, mais ce qui la tient éveillée.
Alors je me remémorai tes jeux dans la maison perdue.
Ton absence accordait aux veilles anciennes
le lustre des choses disparues.
Et tu me ramenais au souvenir de pièces anéanties,
à ces demeures de sept lieues qui,
par une porte dérobée, communiquent en rêve.
Max de Carvalho ODE COMME DU FOND D'UNE AUTRE RÉALITÉ. Éditions L'Arrière-Pays. 2007
Max de Carvalho dans «Vous prendrez bien un petit poème ? » : Courrier des Lecteurs numéro 20 pour la parution de « La Poésie du Brésil. Anthologie bilingue du XVIe au XXe siècle. » Éditions Chandeigne. 2012 & article de Jean-Yves Masson.
29.10.2014 | Lien permanent
Troisième anniversaire de ”Vous prendrez bien un petit poème ?”
Bashô (1643-1694),
Gustave Roud,Béatrice Douvre,
Raymond Queneau,Georges Bonnet, Henri Heurtebise,
Erika Burkart, Saint-John Perse, Gilles Baudry,
Yongjue Yanxian (1578-1657), Geneviève Peigné, Joan-Maria Petit,
Victor Segalen, Odile Caradec, Jules Supervielle,
Gaston Puel,
François Cheng, Josette Ségura, Pierre-Albert Jourdan,
Marina Tsvétaeva,Ossip Mandelstam, Else Lasker-Schüler,
Yongjue Yanxian (1578-1657), Thomas Vinau, Laurent Deheppe,
Emily Dickinson, Jean Malrieu, Frank Castagné, Arthur Rimbaud,
Sapphô, Monique Saint-Julia, Henri Michaux, Tsoui-hao,
Gilles Lades, Francis Ponge,Claire Garnier-Tardieu,
Béatrice Bonhomme-Villani,Shusai (1874-1940,Jean-Claude Xuereb,
Le 20 janvier 2011, «Vous prendrez bien un petit poème ? » prenait son envol avec l’envoi n°1. Ce 20 janvier 2014, à l'approche de l'envoi n°141, «Vous prendrez bien un petit poème ? », adresse à ses lecteurs ce salut souriant en hommage aux poètes. |
Bernadette Engel-Roux, Thierry Metz,
Pierre Dhainaut, Jean-François Mathé, Tozan (807-869),
Joë Bousquet,
Philippe Jaccottet, Hölderlin, Paul de Roux,
Didier Jourdren, Chushi Fanqi ( 1296-1370), Janine Modlinger,
Issa (1763-1827), Marie-Claire Bancquart, Yvon Le Men,
Anne Perrier,Shanci Tongji (1608-1645), Jean Pichet,
Omar Khayyam,
Judith Chavanne,,Jean Joubert,René Char, Georges Perros,
Jean-Damien Roumieu, Gérard Bocholier, Joso (1661-1704),
Max Alhau, Charles-Ferdinand Ramuz, Wujian Xiandu (1265-1334)
Chantal Dupuy-Dunier, Gil Jouanard, Jean-Yves Masson,
Bernard Mazo,Shiki (1866-1902), Jean-Marc Sourdillon,
Bernard René Grasset, Andrée Chedid, Beijian Jujian (1164-1246)
Anthologie en ligne http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/ |
20.01.2014 | Lien permanent
ANNIVERSAIRE 2017. ”Vous prendrez bien un poème ?” a six ans !
Françoise Ascal . Jean-Marie Petit. Antoine Maine. Ferrucio Brugnaro. Jean-Marie Alfroy. Morgan Riet. Dominique Zinenberg. Jean-Pierre Lemaire.Henri Michaux. Marcelle Kasprowicz. Jean-Baptiste Pedini. Colette Elissalde. Jean-Louis Clarac. Evelyne Vijaya. Gustave Roud. Rainer Maria Rilke. Béatrice Marchal. Henry Bauchau. Anne Certain. Georges Cathalo. WANG WEI. Jean Joubert. Andrée Chedid. Christian Bobin. Ghislaine Lejard. Li Po. Jean-François Mathé. Jia Dao. Pierre Dhainaut. Anne Perrier. Henri Heurtebise. Isabelle Raviolo. René Char. Pierre Peuchmaurd. Claude Esteban. Jean Pichet. Liliane Wouters. Jean Malrieu. Judith Chavanne. Frédéric-Jacques Temple. Umberto Saba.
«Vous prendrez bien un (petit) poème ? » a six ans !
|
Louis-René Des Forêts. Danièle Corre. Pablo Neruda. Odile Caradec. Abdellatif LaÂbi. Wujian Xiandu Gaston Puel. Jean-Pierre Thuillat. ISSA. Emile Vitta. Josette Ségura. Jorge Luis Borgès. ANON. Beijian Jujian. Jean Chatard. Georges-Emmanuel Clancier. Valérie Rouzeau. Thierry Metz. Gil Jouanard. Chantal Dupuy-Dunier. Victor Segalen. Didier Jourdren. Max Alhau. SAPPHÔ. Jules Supervielle. Edouard Glissant. Jacques Tornay. Colette Nys-Mazure. René de Obaldia. Claude Cailleau. Jean-Claude Pirotte. Marie-Claire Bancquart. Julien Gracq. Jacques Vandenschrick. Michel Cosem. Yvon Le Men. Noël Ruet. Jan Skacel. Monique Saint-Julia. Tomas Tranströmer. Bernard René Grasset. Gilles Baudry. Jean-Yves Masson. Laurent Deheppe. Geneviève Peigné. Raymond Queneau. Georges Bonnet. SAIGYO. Claire Garnier-Tardieu. Philippe Jaccottet. Joë Bousquet. Else Lasker-Schüler. Thomas Vinau. Jean Malrieu. Emily Dickinson. Gérard Bocholier. Jean-Marc Sourdillon. BASHÔ. Charles-Ferdinand Ramuz.
«Vous prendrez bien un (petit) poème ? » a six ans !
|
François Cheng. Marina Tsetaïéva. Paul de Roux. Jacques Darras. Vahé Godel. Bernadette Engel-Roux. Frank Castagné. Béatrice Bonhomme. Tsoui-hao. Francis Ponge. Jean-Claude Xuereb. Johann Christian Friedrich Hölderlin. Mina Lobata. Yves Bonnefoy. Janine Modlinger. Alain Freixe. Claude Margat. Jules Laforgue. béatrice dOUVRE. Georges Perros. Ziad Medhouk. Max de Carvalho. Omar Khayyam. Hélène Cadou. Ossip Mandelstam. Erika Burkart. Pierre-Albert Jourdan. Maximine. Gilles Lades.
