05.09.2012
Envoi n°76. Hölderlin "Beaucoup de choses grandes nous attendent encore..."
IX.
(…)
Beaucoup de choses grandes nous attendent encore, et qui
Aima ainsi ne peut que monter vers les dieux.
Accompagnez-nous donc, ô heures consacrées, ô graves
Jeunes heures, restez, pressentiments divins,
Auprès de nous, pieuses prières, et vous ferveurs, et vous
Bons génies qui auprès des amants vous plaisez :
Restez-nous jusqu'au jour où, sur une terre commune,
Là où les Bienheureux sont prêts à redescendre,
Où sont les aigles, les étoiles, les messagers du Père,
Où sont les Muses, d'où héros et amants viennent,
Nous nous retrouverons, ou bien sur l'île de rosée
Où les nôtres enfin dans les jardins fleurissent,
Où les chants disent vrai, où la beauté des printemps dure,
Où pour notre âme une autre année encore s'ouvre.
Hölderlin Ménon pleurant Diotima
in D'une lyre à cinq cordes. Traductions de Philippe Jaccottet 1946-1995
Nrf Gallimard. 1996
23:47 | Lien permanent | Françoise

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