27.03.2013
Envoi n°103. François Cheng "Cantos Toscans"
L'infini n'est autre
Que le va-et-vient
Entre ce qui s'offre
Et ce qui se cherche.
Va-et-vient sans fin
Entre arbre et oiseau,
Entre source et nuage.
Suivre le poisson, suivre l'oiseau.
Si tu envies leur libre, suis-les
Jusqu'au bout. Suivre leur vol, suivre
Leur nage, jusqu'à devenir
Rien. Rien que le bleu d'où un jour
A surgi l'ardente métamorphose,
Le Désir même de nage, de vol.
Mais l'oiseau point d'empreinte
Ne laisse. Son empreinte est
Son vol même. Nulle trace
Autre que l'instant-lieu,
Joie du pur avènement :
Lieu deux ailes qui s'ouvrent,
Instant un cœur qui bat.
François Cheng Cantos Toscans. Éditions Unes.1999. p. 41, 42, 43.
*Né en 1929 en Chine, François Cheng est poète, calligraphe, romancier, traducteur, essayiste.
17:44 | Lien permanent | Françoise
20.03.2013
Envoi n°102. François Cheng "Cyprès"
(Cyprès)
Lorsqu'arrive le vent,
Nous nous donnons entiers.
Au loin, mille papillons
Déchirent l'horizon.
Nous restons immobiles,
Pour être enfin, d'ici,
La sève, l'élan, le chant.
(Cyprès)
Lorsqu'arrive la pluie,
Nous nous laissons tremper.
Le soleil nous prendra
Par la main ; et d'un jet
Nous tracerons le trait
- combien droit, combien plein -
Du sol reconnaissant.
François Cheng Cantos toscans. Éditions Unes.1999.
Né en 1929 en Chine. Poète, calligraphe, romancier, traducteur, essayiste.
17:05 | Lien permanent | Françoise
13.03.2013
Envoi n°101. Marina Ivanovna Tsvétaïéva. "La neige"
La neige
Neige, neige
Plus blanche que linge,
Femme lige
Du sort : blanche neige.
Sortilège !
Que suis-je et où vais-je ?
Sortirai-je
Vif de cette terre
Neuve ? Neige,
Plus blanche que page
Neuve neige
Plus blanche que rage
Slave...
Rafale, rafale
Aux mille pétales,
Aux mille coupoles,
Rafale-la-Folle !
Toi une, toi foule,
Toi mille, toi râle,
Rafale-la-Saoule
Rafale-la-Pâle
Débride, dételle,
Désole, détale,
À grands coups de pelle,
À grands coups de balle.
Cavale de flamme,
Fatale Mongole,
Rafale-la-Femme,
Rafale : raffole.
Poème écrit en français en 1923.
Marina Ivanovna Tsvétaïéva (1892-1941) Traduction de Pierre Léon in Quelqu'un plus tard se souviendra de nous.nrf. Poésie/Gallimard. 2010.
21:43 | Lien permanent | Françoise
