20.04.2016
Envoi n°250. Anne Perrier "Suspendue au fil..."
Suspendue au fil
Du lumineux été
La libellule
En gloire semble attester
Que vivre est une royauté
Fragile
Si j’étais le berger
De mes pensées de mes rêves obscurs
Je passerais le mur
Des nuits
J’irais conduire mon léger
Troupeau jusqu’à l’inaccessible source
Et nous boirions au long été
Perdu toute peur endormie à mes pieds
Chienne douce
Moi l’envolée
J’ai perdu dans les airs la trace des oiseaux
Moi l’écoulée
En dormant j’ai perdu la voix des passeurs d’eau
Je suis le chant qui s’en va tout seul
Entre terre et ciel
Anne Perrier Le Livre d’Ophélie 1977-1979 (p.133-134) in La voie nomade & autres poèmes. Œuvre complète 1952-2007. Préface de Gérard Bocholier. L’Escampette Editions Poésie. 2008.
16:56 | Lien permanent | Françoise
13.04.2016
Envoi n°249. Anne Perrier "Le peuplier"...
LE PEUPLIER
Au faîte du silence
Avide il boit le ciel
A la source (p. 169)
LE CYPRÈS
Tel un berger dans la brume
Qui compte et compte encore ses brebis
L’angoisse au cœur
Sous sa cape étroite (p. 171)
LE HÊTRE
Etendant vers le ciel
Ses longs bras d’hiver
Il mesure l’espace
Infini du désir (p. 171)
LE TREMBLE
L’aède au pied léger
Le très humble
Le traversé de vent
Et toujours vulnérable
Frère que d’imprécises peurs
Convulsent (p.172)
L’OLIVIER
Il vit jouer les dieux enfants
D’entre ses branches murmurantes
L’Histoire en passant les broya
Et maintenant il règne seul
Sur les grands temples écroulés
Et sur les lauriers roses (p.175)
L’IF
Gardien d’éternité
Il rend grâce aux martinets
Qui chaque soir dans l’air tremblant
Cousent le ciel à la terre (p.179)
Anne Perrier Les noms de l’arbre in La voie nomade & autres poèmes. Œuvre complète 1952-2007. Préface de Gérard Bocholier. L’Escampette Editions Poésie. 2008.
16:53 | Lien permanent | Françoise
06.04.2016
Envoi n°248. Ghislaine Lejard "Entre terre et ciel..."
Entre terre et ciel
funambule
craignant le vide
la chute
en équilibre
fragile
l’homme.
*
Fatigué décharné dépouillé
mais debout et libre
découragé assoiffé bouleversé
mais vivant
il avance répond encore à l’appel.
Pour un partage
tendre le cœur
ouvrir les yeux
donner et recevoir
dans la simplicité
d’une vie offerte.
*
Dans le vacarme des villes
et la vacance du temps
trop de visages
trop de solitude
chaque jour pourtant
souffle le mystère
pour tous
l’énigme d’être là
la bougie vacille
comme un rituel profane
pour habiter le monde.
(…)
Ghislaine Lejard Entre terre et ciel in Si brève l’éclaircie. Éditions Henry. 2015.
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