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30.03.2016

Envoi n°247. Ghislaine Lejard "Le mur retient la lumière..."

Le mur retient la lumière

premier éclat estival

 

la vigne vierge bourdonne

une seule abeille

et tout le miel de la terre.

 

Sous la ramure

des nuits étoilées

le rossignol retient son chant.

*  

(…)

*

A la lisière de la lumière

rendre possible

l’impossible

 

Marcher sans but

dialoguer avec le vent

sous le ciel ouvert

à l’ombre de l’arbre

la trouée de lumière

trace une promesse d’éternité.

*        

(…)

*

Le temps suspendu

à notre fragilité

devient promesse d’éternité

et de plénitude

dans la lumière de l’instant.

 

L’oiseau passeur de lumière

rejoint l’invisible

dans le silence des étoiles.

 

                          Ghislaine Lejard Éclats de lumière  in Si brève l’éclaircie. Editions Henry. Collection                            La main aux poètes. 2015

19:57 | Lien permanent | Françoise

23.03.2016

Envoi n°246. Marcelle Kasprowicz "Présage"

 

Présage

J’ai cueilli le dernier colibri

l’ai épinglé à ma boutonnière

Il chante son désespoir

 

J’ai volé le dernier ruisseau

l'ai noué autour de ma ceinture

Il s'épanche fontaine de larmes


J’ai bu la dernière mer

Ah j’ai tout son sel dans la bouche

 

     *

Omen

I picked the last hummingbird

pinned it to my lape

It sings its despair 


I stole the last creek

knotted it around my waist

It pours itself out

a fountain of tears 


I drank the last sea

Oh my mouth is filled with salt

Marcelle Kasprowicz “Le Silence de la lumière”. Traduction de l’auteur.

De Lodis Publishing, printed by OneTouchPointPrinting, Austin, Texas, copyright 2015.



15:32 | Lien permanent | Françoise

16.03.2016

Envoi n°245. Marcelle Kasprowicz " Les prisonniers des oiseaux..."

Les prisonniers des oiseaux

ont tout un ciel pour cage

 

Ils dorment dans des nids de plume

Les colliers chauds du rêve

leur glissent entre les doigts

Ils ont des soupçons d’ailes

 

Sur un métier d’épines

ils se tissent en sifflant

des jours de fleur et de fraise

Ils ont les mains ensanglantées

 

Leurs geôliers ont les mains douces et usées

 

Il faudrait vouloir s’évader

 

          *

Prisoners of the birds

they have a whole sky for cage

 

They sleep in feather nests

Warm necklaces of dreams

stream between their fingers

They have a touch of wings

 

On a loom of thorns

they whistle while they weave

days of flowers and strawberries

Their hands are blooded

 

Their jailer’s hands are soft and worn

 

One should want to get away

 

 

Marcelle Kasprowicz “Le Silence de la lumière”. Traduction de l’auteur.

De Lodis Publishing, printed by OneTouchPointPrinting, Austin, Texas, copyright 2015.

20:17 | Lien permanent | Françoise