14.06.2017
Envoi n°305. Paul de Roux "Au jour le jour".
C’est à partir du sentiment de ne plus avoir de langue, de langage, de ne plus pouvoir écrire, que croît la faim d’écrire, la faim de se refaire une langue – et j’ai envie d’écrire, un foyer, une âme.
10/07
Les pâturages célestes
de grands moutons les paissent
blancs dans l’herbe bleue
et si silencieux que c’en est une leçon
- s’assemblent les tuiles rouges pour l’entendre
et dans la toile d’araignée vilaine de ma tête
je me dis :
c’est la désolation, oui
que nous ne puissions paître la vie avec quiétude
et paix enjouée de nuages sur la terre !
17/7
Et si la seule qualité littéraire, c’était la justesse ? Ce qui est juste, c’est aussi ce qui coïncide ; par là j’aperçois le lien qui unit l’écriture à la conscience.
14/11
1976
Cette année les martinets ne sont pas revenus. Je ne vois que les hirondelles. C’est comme si un palier supérieur du ciel avait été ôté.
19/8
Il y a sous les chênes-verts comme une pomme d’ombra anthracite qui satisfait l’œil altéré par la lumière.
21/8
Paul de Roux Au jour le jour Carnets (1974-1979). Editions Le temps qu’il fait. 1986.
18:32 | Lien permanent | Françoise

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