28.06.2017
Envoi n°307. Paul de Roux "Au jour le jour".
1976
Au vent
ils retournent, les saules, leur feuillage d’argent
liquide
sur le ciel et les voyageurs
tissant dans l’ombre salutaire
une retraite toujours plus sombre
jusqu’à ce point imperceptible
où leur être, ravi
sommeille.
28/8
1977
La vie et la mort se touchent
comme ces deux pièces sur les genoux de la
couseuse
dont le doigt est protégé d’un dé
et qui pique régulièrement son aiguille
dans l’une et l’autre pièce de drap
et c’est ce rapprochement que nous endurons
cette continuité de la mort contre la vie
tout au long de cette frontière qui est en nous.
3/1
Le « bleu de lune », voilà encore une nuance de bleu du ciel : celle de ce matin, où la lune est sur les bois comme une grande figure naïve et bonne.
02/9
1978
Ciel que ni le soleil ni la brume n’animent
ciel de grise brume sur nos lents travaux.
Le sang et l’esprit crient contre ces lenteurs
terribles qui contiennent comme des poches
obscures
les secrets de nos vies que nous ne voyons pas.
Plus tard on s’étonne que si lents, ces jours
aient si vite passé et que l’on n’ait rien vu
de tout ce qui était là et qui s’en est allé.
23/11
Paul de Roux « Au jour le jour » Carnets 1974-1979.Editions Le temps qu’il fait.1986.
Paul de Roux dans «Vous prendrez bien un poème ?» : envois n°98 &99 «Les Tuiles» &
«Matin», de la revue «Port-des-Singes» n°5 ; envois n°305 & 307 : extraits de «Au jour le jour».
21:59 | Lien permanent | Françoise

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