25.10.2017
Envoi N°323. Christian Viguié "Le jour nous prend..."
Le jour nous prend
pour un acacia
presque nu
et nous levons la tête
pour que s’écorche
la réalité d’un nuage
et peupler de nouveau le silence
comme une lampe.
Christian Viguié « Fables », éditions « L’Arrière-Pays », 1996.
22:21 | Lien permanent | Françoise
18.10.2017
Envoi N°322. Claude Cailleau "L'enfance tremble..."
L’enfance tremble – une fumée –
dans le temps qui s’est réveillé,
temps des feux dans la cheminée,
du souvenir entrebâillé,
au gré de la plume docile
à ranimer l’éclat subtil
d’un œil d’enfant, lorsque défile
(mais l’homme qui vieillit peut-il
plonger jusqu’au fond de son âge ?)
la vie en forme d’entonnoir,
allant vers un dernier mouillage,
profonde à l’aube, étroite au soir.
"8 janvier Chaque jour nous rappelle. Chaque jour nous appelle. La longue route… Il faudra bien qu’un jour elle prenne fin. « A partir d’un certain âge, le souvenir est un labyrinthe où il faut accepter de s’égarer ». Jacques Laurent
Claude Cailleau « Mots du jour et de la nuit. Classic poems ». Editions du Gril, 2009 & CRV, Les Amis de la rue Ventura, 2016.
22:22 | Lien permanent | Françoise
11.10.2017
Envoi n°321. Claude Cailleau "Il n'est pari la nuit..."
Il n’est pari la nuit que pour
tenir l’aube à distance d’être,
craignant pendant que l’heure tour-
ne d’avoir à se reconnaître
dans cet homme à sa table assis.
Or, si je meurs, à laisser n’ai-je,
pour tout legs, que mes vers transis,
gravés sur des aubes de neige ?
Sous la lampe veillante qui
délimite l’espace où vivre,
c’est dans la nuit, soudain jailli
du vide, un mot qui vous délivre.
Claude Cailleau « Cocktail de vie (Anthologie personnelle) ».
Préface de Jean-Marie Alfroy. Editinter anthologies. 2013.
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