13.02.2019
Envoi n°377. Agathe Rivals "Les saisons et les heures"
le chien
va se faire loup
dans l'ombre du soir
allongeant ses oreilles
pointant son noir museau
où se nouent les écharpes
trouées de brumes mauves
d'un trouble crépuscule
dessin indiscernable
et teinte estompée
sa large gueule d'ombre
laisse deviner aux commissures
la pointe aiguë de canines prêtes à déchirer
les dernières clartés d'un jour qui s'éteint peu à peu
dissimulée dans sa longue traîne d'incertain
rodant en sournoise éclaireuse
dans les replis du soir
au creux des peurs
une bête ronge
jusque tard
l'animal
brutal
repu
gît
sur
un
os
va se faire loup
dans l'ombre du soir
allongeant ses oreilles
pointant son noir museau
où se nouent les écharpes
trouées de brumes mauves
d'un trouble crépuscule
dessin indiscernable
et teinte estompée
sa large gueule d'ombre
laisse deviner aux commissures
la pointe aiguë de canines prêtes à déchirer
les dernières clartés d'un jour qui s'éteint peu à peu
dissimulée dans sa longue traîne d'incertain
rodant en sournoise éclaireuse
dans les replis du soir
au creux des peurs
une bête ronge
jusque tard
l'animal
brutal
repu
gît
sur
un
os
Chers lecteurs,
vous avez déjà découvert les "Calli-cinégrammes" d'Agathe Rivals dans l'envoi n°375
("si blanche / dame lune perd son éclat/...).
Voici le poème d’une heure différente, à découvrir en pièce jointe pour des raisons
techniques évidentes.
Agathe Rivals Les Saisons et les heures. Cinégramme. Préface de Robert Rapilly. page 43.
Editions BHV Berline-Hubert-Vortex. 2018.. 14, rue de la Gaieté 59000 Lille.
Dans la vidéo ci-dessous, l'auteur éclaire sa démarche :
" Les saisons et les heures, cinégramme.
Avant de devenir un beau livre, le poème d’Agathe Rivals "Les saisons et les heures" a été une installation-exposition :
un cercle de 52 panneaux transparents sur lesquels se déroule un poème qui fait écho aux 52 semaines de l’année
mais condense aussi une journée entière, du lever au coucher du soleil. Le texte, imprimé dans une police à chasse
fixe, prend la forme d’un globe qui s’élève lentement à raison d’une ligne de plus à chaque page. Aucun caractère
n’est laissé au hasard dans ce type de contrainte qui s’apparente aux « vers isocèles ». Mais l’un des traits originaux
de cet ouvrage, c’est que le lecteur qui en ferait défiler les pages à la vitesse approximative de 24 par seconde verrait,
comme dans un flip-book, se lever puis se coucher l’astre du jour, jusqu’au rayon final. Cette forme lui vaut d’être
appelée cinégramme et non simplement calligramme par la poète."
https://mail.google.com/mail/u/1/#inbox/KtbxLxGkNdFCdBVXKvspVBzMdPVcdHGqdV?projector=1
18:54 | Lien permanent | Françoise

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