04.12.2019
Envoi n°413. Béatrice Marchal "Ton plus beau cadeau reste ce regard..."
Ton plus beau cadeau reste ce regard
tiré par ma voix d’un sommeil déjà bien proche
de la mort : jamais aussi vif n’en fut,
lorsqu’il s’ouvrit, le mouvement d’accueil
et sa joie était celle de l’enfance,
jamais aussi intense la lumière
de ces yeux qui me happaient dans leur transparence
jusqu’au fond de l’âme où je lus,
malgré ce qu’elles eurent d’incomplet,
la profondeur insoupçonnée de nos attaches,
élevées par ta mort à l’éternel,
bref éclair, prolongé quelque temps par nos mains
serrées, avant de te quitter.
Béatrice Marchal Tombeau de l’amie p.22 in Au pied de la cascade. Editions L’herbe qui tremble. 2019
Peut-être certains ne tardent-ils à mourir
que pour donner à de vieux enfants l’occasion
de racheter, par une tendresse longtemps
trop longtemps retenue, celle qui, en des temps
oubliés qu’eux-mêmes n’ont pas connus,
laissa des manques que rien n’a comblés.
Béatrice Marchal Tombeau de la mère p.51 in Au pied de la cascade. Editions L’herbe qui tremble. 2019
Ceux qui sont partis
après beaucoup d’amour, on les retrouve
en soi
branches et feuilles d’un buisson
qui brûle sans se consumer.
Béatrice Marchal Achèvement p.68 in Au pied de la cascade. Editions L’herbe qui tremble. 2019.
22:38 | Lien permanent | Françoise

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