11.12.2019
Envoi n°414. Jean-Pierre Metge "Le Gui" & autres poèmes.
LE GUI
à M.-F. L
Greffé par quelque oiseau sauvage
au peuplier ou aux pommiers
on le croit à portée de main
Au vent d’hiver
il offre étrange
de minuscules lunes pâles
et le bonheur insaisissable
Qui n’a tendu les bras en vain ?
Elle se baigne aux nues
et moi je pêche l’eau
sous les piles du pont de la rivière étrange
j’aperçois ses bras pâles
derrière les roseaux
je rêve vers ses sources
et ses habits épars
je cueille les glaïeuls
qu’elle a dû regarder
Le plus joli voyage serait à contretemps
remonter un chemin
bordé de noisetiers
où les filles du soir
une main sur la hanche
et un bras arrondi
sur des morceaux de ciel
criblés d’astres rouillés
nés des chocs aux fontaines
bomberaient leurs seins blancs
pour irriguer la nuit
Jean-Pierre METGE Nos seuls soleils sont des lichens.
Editions L’Arrière-Pays. 2003.
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