24.02.2021
Envoi n°471. Jean-Marie Alfroy "L'AMI".
L’AMI.
Est-ce toi l’ami des étés perdus
qui soupires là-haut dans les ramures
la fraîcheur matinale de mon errance ?
Est-ce toi qui fais dur silence mais signal
depuis ce sommeil qu’on t’a promis
préluder à d’éternelles musiques –
Shadows ou Mozart, rockabilly ou bop ?
Puis-je croire à ta relève au jour de la fin des jours
à ta naïve élection au parlement des justes
à ta chanson forestière pour les femmes en feuilles ?
Est-ce toi qui me pousses aux épaules
de toute la force de ta large paume éclatée
qui te tais derrière moi si fort
que je me retourne face à ton absence ?
Oui je marche parce que je vis encore la vie
que mes anges et mes démons ne souhaitaient pas.
Le corps de Marylin lacéré de mensonges
me guide à travers les buissons noirs de mon pays désuet.
J’écoute les mots que tu ne dis pas
toi qui préférais les arbres au point de vouloir
grandir – hêtre ou platane – pour que les chiens
pissent sur tes pieds enracinés.
Jean-Marie ALFROY Revue Traction-Brabant, n° 92, janvier 2021,
revue de Patrice Maltaverne http://traction-brabant.blogspot.com/
*Jean-Marie Alfroy dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°199 « Le vent est venu s'étendre à mes côtés sur le lit de plein jour… » ; n°200 « Visions amères (extraits) » ; n°259 « Quelle est cette voix qui me dit d’aller parler aux montagnes… » ; n°260 : « Montre-moi la Muse… »
13:48 | Lien permanent | Françoise

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