03.03.2021
Envoi n°472. Jean-Marie Alfroy "Rien..." suivi de "Rouge-gorge...".
Rien
puis tel village à la proue de repos éternel
et sur qui veille la moindre salle aux prières.
Le vent souffle sur ce nord déserté de verdure
et se lamente de la chute des ruines
vers leurs enfers.
A l’assaut du mont pèsent les cuirasses
sur les ventres mal repus des armées brigandes.
Souvenir des maisons aux fenêtres écartées
sur le vide du soir.
Dans la rue circulaire les pas d’un étranger
qui me ressemble ralentissent.
L’eau sourd enfin du rocher
et plonge dans la coque sombre.
Repose-toi Triton.
Rouge-gorge
des derniers soleils de novembre
je t’ai trouvé mort ce matin
fleur fanée
sur les pierres de la terrasse.
Nous avions été trois semaines
compagnons de même existence
je bêchais tu chantais
la vie donne parfois ces bonheurs.
Sans le savoir c’est ton bûcher
de branches et d’herbes séchées
que j’avais dressé au jardin.
J’ai mis le feu
repris ma bêche
et sanctifié mon travail
à la fumée de tes funérailles.
Jean-Marie ALFROY, revue FRICHES n°110, mai 2012, http://www.friches.org/
15:02 | Lien permanent | Françoise

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