01.09.2021
Envoi n°494 (archives =envois n° 386 & 387), Nâdiâ Anjuman, en hommage solidaire aux femmes d'Afghanistan.
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Envoi n°386 MON JARDIN En la valeur de l’espoir toujours croire – tel est mon désir ! Barrer au chagrin le chemin, créer un autre chemin – tel est mon désir !
Les vignes de la vie sans cesse ont besoin d’eau ; Après la coupe du chagrin, boire le vin de l’avenir – tel est mon désir !
Faire couler dans l’ombre même la fontaine des étoiles, Peindre en vert au clair de lune les prés et les cyprès –tel est mon désir !
Pour que mon jardin illuminé avec les joyaux rivalise, Inviter dans ce tableau les rayons éclatants du soleil – tel est mon désir !
Le temps écrira le roman de mes tourments, Mais emplir d’or le sein de l’histoire – tel est mon désir !
Si l’on doit pour ses poèmes célébrer Nâdiâ Anjuman, Orner mille carnets de ses vers purs –tel est son désir !
(traduit du dari par Franck Merger) Nâdiâ ANJUMAN (1980-2005) in ARPA, Revue de Poésie, N°125-126 Exils. Mars 2019, page 137. « Nâdiâ Anjuman est née en Afghanistan, à Hérat, en décembre 1980. Elle a publié en 2005 son unique recueil « Fleurs de fumée (Gul-e doudi) », écrit en dari, forme afghane du persan, et comprenant des ghazals classiques, des variations autour du ghazal et des poèmes en vers libres. N’acceptant point qu’elle écrive et qu’elle étudie, son mari l’a rouée de coups au point de la tuer, le 4 novembre 2005. Partout dans le monde, son destin a fait d’elle une figure emblématique des tragédies contemporaines de son pays. Tous les Afghans connaissent son poème « En vain » (« ‘Abas »), depuis que la chanteuse Shahlâ Zolând l’a interprété sous le titre « Fille d’Afghanistan » (« Dukht-e afghân »). ARPA, Revue de Poésie, N°125-126 Exils. Mars 2019, page 135.
Envoi n°387 FILLE D’ AFGHANISTAN Nul désir désormais d’ouvrir la bouche : que puis-je chanter ? Entourée de la haine de tous, que puis-je chanter ?
Du poison, non du miel, sur mes lèvres, que puis-je chanter ? Maudit soit le poing du tyran sur ma bouche fracassée !
Qui pour partager ma peine ? Qui en ce monde à embrasser ? Que sert de rire ou parler, de vivre ou pleurer ?
Captive dans une cage sans joie, sans espoir et sans désir, A quoi bon être née pour se faire bâillonner ?
Ô mon cœur, oui, voici le printemps et son cortège de plaisirs, Mais qui a les ailes attachées, comment pourrait-il voler ?
Je me suis longtemps tue, mais n’ai pas oublié l’art de chanter ; Mon cœur tout ce temps tout bas a fredonné.
Un jour heureux, je le sais, je vais mes barreaux briser Et sortir de ce lieu solitaire pour follement chanter.
Je ne suis pas, tremblant dans le vent, chétif peuplier : Je suis fille d’Afghanistan, faite pour son triste chant exhaler. (traduit du dari par Franck Merger) Nâdiâ ANJUMAN (1980-2005) in ARPA, Revue de Poésie, N°125-126 Exils. Mars 2019, p. 135. *« Nâdiâ Anjuman est née en Afghanistan, à Hérat, en décembre 1980. Elle a publié en 2005 son unique recueil « Fleurs de fumée (Gul-e doudi) », écrit en dari, forme afghane du persan, et comprenant des ghazals classiques, des variations autour du ghazal et des poèmes en vers libres. N’acceptant point qu’elle écrive et qu’elle étudie, son mari l’a rouée de coups au point de la tuer, le 4 novembre 2005. Partout dans le monde, son destin a fait d’elle une figure emblématique des tragédies contemporaines de son pays. Tous les Afghans connaissent son poème « En vain » (« ‘Abas »), depuis que la chanteuse Shahlâ Zolând l’a interprété sous le titre « Fille d’Afghanistan » (« Dukht-e afghân »). ARPA, Revue de Poésie, N°125-126 Exils. Mars 2019, p. 135.
*Cf. Vous prendrez bien un poème ? : envoi n°291 « Le Suicide et le Chant. Poésie populaire des femmes pashtounes » ; envoi n°292 Mermed : « Pashtoune. Digressions autour de la poésie des femmes pashtounes. »
Françoise Vignet
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