06.10.2021
Envoi n°499. Thomas Bernhard "Mein Weltenstück /Mon bout de monde"
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MEIN WELTENSTÜCK
Vieltausendmal derselbe Blick Durchs Fenster in mein Weltenstück Ein Apfelbaum im blassen Grün Und drüber tausendfaches Blühn, So an den Himmel angelehnt, Ein Wolkenband, weit ausgedehnt… Der Kinder Nachmittagsgeschrei Als ob die Welt nur Kindheit sei ; Ein Wagen fährt, ein Alter steht Und wartet bis sein Tag vergeht, Leicht aus dem Schornstein auf dem Dach Schwebt unser Rauch den Wolken nach… Ein Vogel singt, und zwei und drei, Der Schmetterling fliegt rasch vorbei, Die Hühner fressen, Hähne krähn, Ja lauter fremde Menschen gehn Im Sonnenschein, jahrein, jahraus Vorbei an unserm alten Haus. Die Wäsche flattert auf dem Strick Und drüber träumt ein Mensch vom Glück, Im Keller weint ein armer Mann, Weil er kein Lied mehr singen kann… So ist es ungefähr bei Tag, Und jeder neue Glockenschlag Bringt tausendmal denselben Blick, Durchs Fenster in mein Weltenstück…
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MON BOUT DE MONDE
Des milliers de fois le même regard A travers la fenêtre de mon bout de monde Un pommier dans sa pâle verdure Et au-dessus des milliers de bourgeons, Ainsi appuyé au ciel, Un ruban de nuages très étendu… Les cris des enfants dans l’après-midi, Comme si le monde n’était qu’enfance ; Une voiture roule, un vieux se tient debout Et attend que sa journée passe, Légère, de la cheminée sur le toit, Notre fumée suit les nuages… Un oiseau chante, et deux et trois, Le papillon s’envole rapidement, Les poules mangent, les coqs chantent, Oh oui, seuls des étrangers passent Sous le soleil, d’année en année Devant notre vieille maison. Le linge flotte sur la corde Et là-bas un homme rêve du bonheur, Dans la cave pleure un pauvre hère, Il ne peut plus chanter de chansons… Il en est à peu près ainsi le jour, Et chaque nouveau coup de cloche Porte, mille fois, le même regard, A travers la fenêtre de mon bout de monde… |
Thomas BERNHARD (1931-1989) Sur la terre comme en enfer. Traduit de l’allemand et présenté par Suzanne Hommel. Edition bilingue. Orphée/La Différence. 2012.
17:52 | Lien permanent | Françoise

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