http://www.xiti.com/ ID de suivi

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13.10.2021

Envoi n°500 : Thomas Bernhard "Der Morgen trägt einen grossen Sack/Le matin porte un gros sac"

 

Der Morgen trägt einen grossen Sack

 

 

Der Morgen trägt einen grossen Sack.

     Ich sage zu ihm : du bist so alt,

dass du mich nicht verachten brauchst.

     Deine Schuhe sind zerrissen.

Dein Rock hat einmal mir gehört –

 

 

     Ich sitze im Loch und erwarte dich,

nicht wie die Greisin, nicht wie die Kinder, nicht

     wie der Pfarrer, der nach der Predigt

zum Wein heruntersteigt und die Erde vertauscht.

     Ich empfange dich mit der Peitsche,

zitternd, gemein und zerbrechlich

     wie eine Distel im Sonnenrand.

 

Le matin porte un gros sac

 

 

Le matin porte un gros sac.

     Je lui dis : tu es si vieux

que tu n’as pas besoin de me mépriser.

     Tes chaussures sont déchirées

jadis ta robe était mienne -

 

 

     Je suis assis dans le trou et je t’attends

pas comme la vieille, pas comme les enfants, pas

     comme le curé qui après le sermon

descend vers le vin et échange la terre.

     Je t’accueille avec le fouet,

tremblant, commun, vulnérable,

     comme un chardon dans la frange du soleil.

 

 

Thomas Bernhard (1931-1989) Sur la terre comme en enfer. Traduit de l’allemand et présenté par Suzanne Hommel. Edition bilingue. Orphée/La Différence. 2012.

« Vous prendrez bien un poème ? » fera une pause du 14 octobre au 9 novembre 2021.

 

18:04 | Lien permanent | Françoise

06.10.2021

Envoi n°499. Thomas Bernhard "Mein Weltenstück /Mon bout de monde"

 

 

MEIN WELTENSTÜCK

 

 

Vieltausendmal derselbe Blick

Durchs Fenster in mein Weltenstück

Ein Apfelbaum im blassen Grün

Und drüber tausendfaches Blühn,

So an den Himmel angelehnt,

Ein Wolkenband, weit ausgedehnt…

Der Kinder Nachmittagsgeschrei

Als ob die Welt nur Kindheit sei ;

Ein Wagen fährt, ein Alter steht

Und wartet bis sein Tag vergeht,

Leicht aus dem Schornstein auf dem Dach

Schwebt unser Rauch den Wolken nach…

Ein Vogel singt, und zwei und drei,

Der Schmetterling fliegt rasch vorbei,

Die Hühner fressen, Hähne krähn,

Ja lauter fremde Menschen gehn

Im Sonnenschein, jahrein, jahraus

Vorbei an unserm alten Haus.

Die Wäsche flattert auf dem Strick

Und drüber träumt ein Mensch vom Glück,

Im Keller weint ein armer Mann,

Weil er kein Lied mehr singen kann…

So ist es ungefähr bei Tag,

Und jeder neue Glockenschlag

Bringt tausendmal denselben Blick,

Durchs Fenster in mein Weltenstück…

 

 

 

 

MON BOUT DE MONDE

 

 

Des milliers de fois le même regard

A travers la fenêtre de mon bout de monde

Un pommier dans sa pâle verdure

Et au-dessus des milliers de bourgeons,

Ainsi appuyé au ciel,

Un ruban de nuages très étendu…

Les cris des enfants dans l’après-midi,

Comme si le monde n’était qu’enfance ;

Une voiture roule, un vieux se tient debout

Et attend que sa journée passe,

Légère, de la cheminée sur le toit,

Notre fumée suit les nuages…

Un oiseau chante, et deux et trois,

Le papillon s’envole rapidement,

Les poules mangent, les coqs chantent,

Oh oui, seuls des étrangers passent

Sous le soleil, d’année en année

Devant notre vieille maison.

Le linge flotte sur la corde

Et là-bas un homme rêve du bonheur,

Dans la cave pleure un pauvre hère,

Il ne peut plus chanter de chansons…

Il en est à peu près ainsi le jour,

Et chaque nouveau coup de cloche

Porte, mille fois, le même regard,

A travers la fenêtre de mon bout de monde…

 

Thomas BERNHARD (1931-1989) Sur la terre comme en enfer. Traduit de l’allemand et présenté par Suzanne Hommel. Edition bilingue. Orphée/La Différence. 2012.

17:52 | Lien permanent | Françoise