07.02.2024
Envoi n°602. Josette Ségura "La pêche du Moura", extrait 2.
« Tu sais que toujours/ un parmi nous/ s’absente/ pour habiter sa clarté. »
Thierry Metz
XIV
L’été est un seuil en flammes. La canicule appuie les volets contre l’ombre des maisons, laisse à l’ombre ce qui lui appartient. L’or tombe des feuilles pour que la nuit brûle enfin, que les cœurs s’ouvrent et avec eux le temps qui masque le ciel. Fabien Cazaux est de cette saison, elle œuvre en lui par sa fulgurance et sa gloire.
XV
La lande aujourd’hui semble annoncer cette venue vers laquelle il va de tout son être et malgré lui. Le silence oblige à renouer avec le vent, l’ici incontournable où se cachent les pas du dieu. Il se souvient d’une maison du Comminges, de son verger, de sa paix qui était un baume, sans doute avait-il su déjà là combien il aimait les vrais lieux, la présence des arbres et l’été, sans doute avait-il su là combien l’ailleurs se souciait de l’ici comme aussi dans la lumière et les pierres claires d’Assise : tout revient dévoilé, la même porte s’ouvre, le même feu.
Josette SéGURA La pêche du Moura, éditions de l’Arbre, 1998.
https://www.lecteurs.com/editeur/fenixx-reedition-numerique-larbre/6394
*Josette Ségura dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°50 & 51, extraits de « Le Pas de l’ange », éditions Voix d’encre, 2002 ; envois n°146 & 147, extraits de « Dans la main du jour », éditions Editinter, 2013 ; envois n°316 & 317, extraits de « Jours avec », éditions Editinter, 2017 ; envoi n°524 & 525, extraits de « Avec les heures », éditions Illador, 2021 ; envois n° 600 & 601 : extraits de « La Pêche du Moura », éditions de L’Arbre, 1998.
15:36 | Lien permanent | Françoise

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