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08.05.2024

Envoi n°615. Cécile Oumhani "La fin de saison..."

(...)

ü  

La fin de saison était saturée de lumière

et tu regardais l’eau boire ton image

    

     vieil homme un peu frêle -- étourdi de rêves

     assis sur un banc aux marges du jour

 

tu t’es vu sombrer

dans de grands cercles concentriques

 

     la lumière s’émiettait parmi les arbres

     elle s’y incarnait veinée d’ambre et de vermeil

 

et toi tu passais

la main sur le tronc noueux d’un platane

épris du braille des choses silencieuses

 

tout près sous la surface de l’onde

l’ombre d’un autre temps s’allongeait

parmi des feuilles noircies

 

     et le cri des oies t’emportait loin

 

ü  

(...)

ü  

Quels ciels as-tu pris pour océan

toi l’amoureux des étoiles

voyageur obstiné

de galaxies inconnues

inscrites sur les cartes

que dessine l’envers des heures ?

Big bang trous noirs ou quasars

où pousses-tu maintenant

ta barque

dans l’immensité du silence ?

 

ü  

 

Coutumier de constellations oubliées

épris de la parole des hérons

sur les chemins de halage

tu continues d’interroger le vent

au plein de la nuit

ü  

 

Cécile OUMHANI Passeurs de rives, Encres de Myoung-Nam Kim, éditions la tête à l’envers, 2017, pages 69, 78, 79.

 

« Nous sommes tous tressés de fils voués à se briser avec la disparition de nos parents. (...) Quinze jours après le décès de mon père, le hasard des circonstances a décidé que, sans l’avoir cherché, je partirais en Inde du Sud, non loin de la ville où ma mère est née, en Andhra Pradesh. Elle a vécu dans plusieurs régions de l’Inde, jusqu' à l’âge de sept ans, avant d’être envoyée en pension en Ecosse, comme c’était l’habitude à cette époque-là. Ce départ l’a séparée, elle et toute une fratrie, de ses parents et d’un jardin d’Eden plus revu de son vivant et dont elle n‘a cessé de me transmettre la fascination et le regret. (...)Mon père ne connaissait pas l’Inde et il avait ici en France toutes ses racines. (...) » » Extrait du Prologue de C.O.

 

 

* Cécile OUMHANI dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°614 & 615, extraits de « Passeurs de rives », Encres de Myoung-Nam Kim, éditions la tête à l’envers, 2017.

 

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