08.01.2025
Envoi n°646. Jean Pichet "Mes pas et mon souffle"...
Mes pas et mon souffle
ont alerté un chat
qui aussitôt laisse
les restes d’un oiseau
et, feignant l’inertie
d’un bibelot, l’immobilité
d’une royale présence,
me regarde
comme si j’étais une fumée
poussée par le vent léger
qui lui lèche les poils,
clairs et sombres,
en harmonie avec la lumière
du soir, qui laisse entendre
plus qu’elle ne montre.
***
Le soir caresse d’une main
les mèches folles de la lumière,
et de l’autre main
les doux poils de l’ombre.
Main d’air, main de terre,
caresse de feu, caresse d’eau.
Dans le songe d’un jardin
délaissé, sur les yeux louches
de ses fleurs assoiffées,
un papillon vient et rêve
d’être un homme heureux.
Il y a un arbre aux feuilles d’or,
aux fleurs de sang. Aux fruits
de sang et d’or qui jonchent l’herbe.
Jean PICHET Ici infiniment, éditions Illador, Les Carnets, 2024. Aquarelles de Catherine Sourdillon.
- Jean Pichet dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n° 217 « Le Bouquet » & 218 « Petite feuille », extraits de « Une poignée de feuilles », éditions L’Arrière-Pays, 2015 ; envois n°479 « Le Chêne et le Ruisseau » et autres poèmes & n°480 « Seul » et autres poèmes, extraits de « Le vent reste incompris », éditions Illador, Les Carnets, 2021, aquarelle de Catherine Sourdillon ; envoi n°646, extraits de « Ici infiniment », éditions Illador, Les Carnets, 2024, aquarelles de Catherine Sourdillon.
22:02 | Lien permanent | Françoise

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