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29.01.2025

Envoi n°649. Pour célébrer le Nouvel An lunaire.

 

l’un des nôtres

     le chat assis

          réveillon de fin d’année

                           ISSA Kobayashi (1763-1828)

ü  

La soif comme la faim,

Les rires comme les pleurs,

La douceur, les blessures,

La furie, les regrets,

Nous n’en jetterons rien,

Nous les emporterons tous,

Indégradables viatiques,

Pour un très long voyage.

 

     François CHENG, de l’Académie française (Nanchang, 1929), La vraie gloire est iciGallimard, 2015.

ü  

                                   

                               à un papillon

     40

Toutes les couleurs du monde se concentrent dans tes ailes ;

Elles y forment les signes sacrés de la métamorphose.

Humble rampant, te voilà aérien, semant, propageant

L'immarcescible félicité des pétales en vol.

ü  

     72

En advenant, tu nais ;

En devenant, tu es.

Sois toujours l’advenance,

En tout lieu, en tout temps.

 

     François CHENG, de l’Académie française (Nanchang, 1929), Suite orphique, 99 quatrains, postface de Daniel-Henri Pageaux, Gallimard, 2024.

 

  • François CHENG dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°102 « Cyprès », 103 & 369 « Lumière juste érigée » : extraits de « Cantos Toscans », Editions Unes, 1999 ; envois n°370 « D’un arbre », n°382 « La mort n’est point notre issue » & 383 « Mais nous reverrons bien ceux à qui… », extraits de « La vraie gloire est ici », Gallimard, 2015.
  • ISSA dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°2 : extrait de « Haïku », éditions Fayard, 1980, préface de Yves Bonnefoy ; envoi n°286, extrait de « Haïku » présentés et transcrits par Philippe Jaccottet (de la version anglaise de R.H. Blyth), dessins d’Anne-Marie Jaccottet. Editions Fata Morgana. Collection Les Immémoriaux. 1996.

21:57 | Lien permanent | Françoise

22.01.2025

Envoi n°648. Anne-Marie BERNAD "Le droit à la parole... chemine dans l'absence"

« Chut ! Si nous faisons du bruit, le temps va recommencer. »

                                                               Claudel

Le droit à la parole

Allez-retour de la parole

inattendue et fière

qui s’adresse à l’esprit

et oublie les entrailles

Les mots dépassent le mur de la raison

détruisent le cœur au sang limpide

teinté de miel

Semblant d’aimer

 

chemine dans l’absence

Les mots

brûlent l’amour

dans l’indifférence

riche de lassitude

Le poème surgit

au plus bas du chemin

en guenilles

avec une voix sobre

d’espace nu en plein désert

Déchirure d’un ciel absent

indolore

d’un gris subtil

qui se mêle

au parfum des ans

Se taire

 

Anne-Marie BERNAD Le secret du vivre, éditions L’Harmattan, coll. Poètes des cinq continents, 2022.

 

23:09 | Lien permanent | Françoise

15.01.2025

Envoi n°647. Jean Pichet

Sans cesse l’air

élève des murs,

les abat, les recommence ailleurs.

 

ses villes nomades

accueillent nos errances, puis nous chassent,

mais nos âmes, un jour, une nuit,

quelques instants, une éternité,

 

en gardent un souvenir

où elles se voient, très lointaines,

très hautes, comme des oiseaux

très rapides, très farouches,

seuls habitants

de la lumière et du silence.

ü  

 

VOL

 Regarde : ciel et terre

sont comme cendres tisonnées par le soleil.

Et ça, eh bien c’est un arbre.

C’est même un arbre qui s’envole

dans l’instant où oiseau toi-même

tu effleures la plus haute branche.

ü  

 

VOL

 

Regarde : ciel et terre

sont comme cendres tisonnées par le soleil.

Et ça, eh bien c’est un arbre.

C’est même un arbre qui s’envole

dans l’instant où oiseau toi-même

tu effleures la plus haute branche.

ü  

 ICI INFINIMENT

 Vent de l’est,

soleil à l’orient,

mouvements souples, lents

d’une graminée

 

toute resplendissante

d’un or inestimable,

toute vraie,

toute simple

 

dans sa présence légère, en cet instant, ici

infiniment.

 

 Jean PICHET Ici infiniment, poèmes. Aquarelles de Catherine Sourdillon. Éditions Illador, Les Carnets, 2024.

https://www.editions-illador.com/_livres/iciinfiniment.html

 * Jean Pichet dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n° 217 « Le Bouquet » & 218 « Petite feuille », extraits de « Une poignée de feuilles », éditions L’Arrière-Pays, 2015 ; envois n°479 « Le Chêne et le Ruisseau » et autres poèmes & n°480 « Seul » et autres poèmes, extraits de « Le vent reste incompris », éditions Illador, Les Carnets, 2021, aquarelle de Catherine Sourdillon ; envoi n°646 « Mes pas et mon souffle… » et autres poèmes & 647 »Sans cesse l’air… » et autres poèmes : extraits de « Ici infiniment », éditions Illador, Les Carnets, 2024, aquarelles de Catherine Sourdillon.

 

23:11 | Lien permanent | Françoise