28.05.2025
Envoi n°659. Claude Cailleau "Le désert souffle son haleine..."
Le désert souffle son haleine
de mort dans les dunes du temps.
Quelque part, le mirage à peine
d’un vent d’été baignant les champs
de vie alors que l’homme crève
sous le soleil chaud de midi,
qui marchait porté par son rêve
dans le fini de l’infini.
Qui se rappelait la rivière,
sa rive d’ombre sous le vent.
Qui dort, l’existence derrière,
dans la mort du sable mouvant.
3 mars. Là, sur le mur, en face du bureau, le désert d’une photo. Dans la mémoire, des vagues de silence. L’oubli rassure la lâcheté.
« Écrire des poèmes, c’est conjurer la mort. Chaque poème m’a toujours semblé une stèle. » Pierre Garnier
« Claude CAILLEAU Chant pour une âme sans défense Editions du Petit Pavé, coll. Le Semainier, décembre 2024.
* Claude Cailleau dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°321 « L’enfance tremble... », in « Mots du jour et de la nuit » ; envoi n°322 : « Il n’est pari que la nuit... » in « Cocktail de vie » ; envoi n°406 « Les jours lointains qu’il m’en souvienne... » & envoi n°407 « Reverdy encore Debout dans ma mémoire... » in « Anthologie poétique 1956-1970 et 1999-2018 », éditions du Petit Pavé, 2019 ; envois n°544 « Je ne suis pas d’ici. Je ne suis pas d’ailleurs. » & 545 « Ce vieil homme un autre jour » in « JE, TU, IL Remonté le temps, sondé le silence Poèmes. Editions Tensing, 2016 ; envois n°585 & 586 « Avant-propos » « D’albâtre la mousse immaculée d’un nuage » in « Crépuscules », Le Semainier, éditions du Petit Pavé, 2023
12:04 | Lien permanent | Françoise
21.05.2025
Envoi n°658. Claude Cailleau "La mer vous a longtemps bercé..."
La mer vous a longtemps bercé ;
mais un jour il faut jeter l’ancre,
poser le sac qu’on a traîné
(et le stylo qui fuyait l’encre)
dans tous les ports (le livre écrit
la nuit en langue délébile)
les ports où le marin se quit-
te pour une heure qui défile,
comme le texte dans le vent
de la dérive où il se noie,
et vous laisse muet. Souvent,
le dire qui naît se fourvoie !
29 février. Ce qui se conçoit bien s’énonce parfois malaisément. L’aventure dans le livre de bord de la vie. Les pages qui se tournent. Le livre qui s’écrit. La voix-mensonge. Et… « La question qui pend aux branches du crépuscule : est-ce toi qui passes ? » (Cl. C.)
« Claude CAILLEAU Chant pour une âme sans défense Editions du Petit Pavé, coll. Le Semainier, décembre 2024.
Claude Cailleau dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°321 « L’enfance tremble... », in « Mots du jour et de la nuit » ; envoi n°322 : « Il n’est pari que la nuit... » in « Cocktail de vie » ; envoi n°406 « Les jours lointains qu’il m’en souvienne... » & envoi n°407 « Reverdy encore Debout dans ma mémoire... » in « Anthologie poétique 1956-1970 et 1999-2018, éditions du Petit Pavé, 2019 ; envois n°544 « Je ne suis pas d’ici. Je ne suis pas d’ailleurs. » & 545 « Ce vieil homme un autre jour » in « JE, TU, IL Remonté le temps, sondé le silence Poèmes. Editions Tensing, 2016 ; envois n°585 & 586 « Avant-propos » « D’albâtre la mousse immaculée d’un nuage » in « Crépuscules », Le Semainier, éditions du Petit Pavé, 2023
12:00 | Lien permanent | Françoise
15.05.2025
Envoi n°657. Domi BERGOUGNOUX
à mes amours d’hier et d’aujourd’hui
à mon ami et poète Jean de Nid
Le désir carre les reins
nous lie ancre gravite
grave à cris de plume
Homme à marées indéniablement
Dans le ventre bleu noir
les pêcheurs aussi plongent
s’ébrouent de profundis
de leurs noces liquides
A l’heure dite
s‘égouttent des étoiles
je ravale mes larmes
j‘arbore le même sourire d’un bord à l’autre
En apnée mortelle
sacrer la nuit de nacre
J’en appelle à la nuit
J’ouvre la nacelle des mots
je glisse un baiser sur la barque du ciel
je dépose à la surface de la page
les runes des oiseaux
avant qu’ils ne s’envolent
J’en appelle à la mer
Domi BERGOUGNOUX La Chanson à deux bouches, éditions du Cygne, 2025.
*Domi Bergougnoux dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°477 « Poussé le portail de cuivre percé de clous » in « Où sont les pas dansants », édition des Brumes, 2017 ; envoi n°554 « Homme blessé » in « La Craquelure », éditions Al Manar, 2021.
21:39 | Lien permanent | Françoise
