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29.08.2012

Envoi n°75. Judith Chavanne " Il y a ceux qui savent placer le silence..."


Il y a ceux qui savent placer le silence

dans leurs pièces, leurs chambres

où l'on n'entre jamais qu'après lui.

L'espace y borde les chaises, le canapé, la table,

un peu comme l'écoute

en laquelle les paroles seront recueillies.

Dès la porte, on l'avait pressenti

à la vue de l'eau dans la transparence

d'un vase où se dessinent, si claires, les tiges.

 

          Judith Chavanne Un seul bruissement suivi de Les aînés, ceux qui les suivent.

          Editions le bois d'Orion. 2009

 

 

  • Judith Chavanne (née en 1967) dans Vous prendrez bien un petit poème ? :

    envoi n°1 : Il se fait un grand calme de la pivoine à soi... ; envoi n°2 : Nous monterons aux montagnes d'espace... ; envoi n° 74 : Pour ce que chacun en soi porte – enfant, secret, amour...

 

 

14:59 | Lien permanent | Françoise

22.08.2012

Envoi n°74. Judith Chavanne "Pour ce que chacun en soi porte..."

Pour ce que chacun en soi porte

                  – enfant, secret, amour, la parole

                  donnée, lue, entendue – ,

                  elle s'est assise, elle a choisi

                  la marche basse

                  de pierre toujours fraîche

                  dans le fort même de l'été,

                  elle s'est tue ;

                   il y avait au-dessus beaucoup de ciel,

                   et cette lointaine parole

                   peu à peu en elle qui se prononçait ;

                   elle allait y entrer, s'y reposer.


               Se reposer comme on vit

               sans autre attente de ce qui est.

 

 

                      Judith Chavanne Une halte in Un seul bruissement suivi de Les aînés, ceux qui les suivent. Editions le bois d'Orion. 2009

15:30 | Lien permanent | Françoise

15.08.2012

Envoi n°73. Béatrice Douvre "Le nu est ta pudeur..."


Le nu est ta pudeur sur un parterre de roses, enfant, à la voix tourmentée.

 

J'avais convié l'insoutenable nuit, pour fermer les deux oiseaux de tes yeux, tes deux sommeils, ton épaule évadée dans l'ombre lente.

Les soleils d'eau tournoient sur le parfait reflet de ta naissance, et sur ton front de vent.

 

Les infidélités sont dans les chevelures, comme des massacres légers ; dans le fer, la hache claire des soleils courts.

  

Le sabre des rivières, la lie des branches d'eau, et ces rares vallées où paissent les chevaux, seront ta confidence lorsque tu marcheras du côté majestueux de l'herbage.

  

J'aime maintenant que tes mains de fileuse se répandent, infidèles, au plus haut bord du monde.

 

 

 

 

Béatrice Douvre ( 1967-1994) Poèmes inédits in Possible Imaginaire n°1. L'Arrière-Pays.

18:13 | Lien permanent | Françoise