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27.02.2013

Envoi n°99. Paul de Roux. "Matin"

MATIN

 

 

Figuier frais lavé

bel amandier qui étincelle

de tant de gouttes de lumière

- la petite maison rentre dans la terre

                  avec son toit de tuiles brunes

                  par la grâce des arbres.

Paul de ROUX

 

Revue PORT-des-SINGES, numéro 5, 1977.

 

 

Paul de Roux, né en 1937 à Nîmes, vit à Paris ; il accueillit dans sa revue «La Traverse» (1969-1974), des poèmes de son ami Pierre-Albert Jourdan. En 1974, Pierre-Albert Jourdan fonde la revue «Port-des-Singes» (par référence au roman «Le Mont Analogue» de René Daumal) ; neuf numéros paraîtront jusqu'à sa mort (sources : Élodie Meunier).

16:34 | Lien permanent | Françoise

20.02.2013

Envoi n°98. Paul de Roux. "Les Tuiles"

     LES TUILES

 

 

Elles souffrent tout, les tuiles

pluie, grêle, neige

le lichen et l'herbe folle

et le regard suspicieux et l'absence

terrible des maîtres de la maison

qui courent les chemins, les fous !

alors que les tuiles sont seules à porter

tout le poids du ciel.

 

 

Paul de ROUX

 

in Revue PORT-des-SINGES, n°5, 1977. Rédaction-Administration : Pierre-Albert Jourdan

 

22:52 | Lien permanent | Françoise

13.02.2013

Envoi n°97 : Poème (de l'époque des Thang) pour le Nouvel An chinois.

Sur la rivière de Jo-yeh

 

Comme elle fuit cette barque légère !

Nous voici déjà dans le charmant pays des blanches vapeurs

et des vertes forêts.

On avance, on se repose, toujours au milieu des oiseaux

et des nuées ;

Tandis que l'image tremblante des montagnes suit, sur les

eaux limpides, tous les mouvements du bateau.

 

 

Tantôt l'écho vous répond, sortant de quelque roche

profonde,

Tantôt l'on arrive à quelque vallon tranquille, dont le silence

même invite à élever la voix.

Ici, tout semble fait pour inspirer à l'homme l'amour de la

solitude.

De grâce, laissez là vos rames, que je jouisse de ce site

admirable ! à peine en ai-je encore entrevu les beautés.

 

Tsoui-hao in Poésies de l'époque des Thang.Traduites du chinois et présentées par le marquis d'Hervey-Saint-Denys. Éditions Ivrea.2007.

 

15:26 | Lien permanent | Françoise