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28.12.2016

Envoi n°282. Jean-Pierre Lemaire "Les Ateliers".

           

LES ATELIERS

 

Celle qui battait entre le monde et nous

c’était la porte en bois au fond du potager

dont le bruit signalait le retour de ton père

Au-delà commençaient les rails

la fumée, les hommes, les locomotives

Nous la franchissions une nuit dans l’année

quand il y avait la fête aux ateliers

et que Petit Pierre au son des cymbales

faisait la roue d’un bout à l’autre de la scène

avant d’attraper le loup par la queue

Le jour, nous y étions admis plus rarement encore :

tout le monde était en bleu de travail

et l’on ne jouait plus.

 

Jean-Pierre Lemaire Scènes d’enfants  in Le Pays derrière les larmes Poèmes choisis. Préface de Jean-Marc Sourdillon. nrf. Poésie/Gallimard. 2016.

 

 

 

 

16:44 | Lien permanent | Françoise

21.12.2016

Envoi n°281. Jean-Pierre Lemaire "Prélude"

 

PRÉLUDE

 

Dans notre ancien jardin

les enfants étaient grands

Ils voyaient déjà des choses

aux confins du feuillage

qu’ils pensaient plus tard atteindre

dans un seul élan

et qui restent leur secret

car l’ultime distance

nous ne l’avons jamais franchie

C’est nous aujourd’hui

au souvenir des arbres

qui sommes devenus petits

 

Jean-Pierre Lemaire Scènes d’enfants  in Le Pays derrière les larmes Poèmes choisis. Préface de Jean-Marc Sourdillon. nrf. Poésie/Gallimard.2016.

 

21:38 | Lien permanent | Françoise

15.12.2016

Feuilles Volantes N°4. Ziad Medoukh "Devant la spoliation de mon peuple..."Poème offert par L.C.

Devant la spoliation de mon peuple,

Les agressions dévastatrices,

La tragédie interminable,

Les crimes perpétrés,

L’horreur absolue,

Les droits bafoués quotidiennement,

Le silence infâme,

L’impuissance à arrêter l’arrogance de l’occupant,

Et l’injustice  navrante dans des territoires occupésmille fois,

  

Devant les larmes amères de nos mères endeuillées

Aux cœurs meurtris,

Les visages burinés par l’horreur,

Devant les rêves brisés,

La vie suspendue dans une prison.

Et l’incertitude du lendemain

 

Moi, libre par le cœur et par l’esprit,

Avec mon amour indéfectible  pour la justice,

Moi, guerrier de la liberté et de la fraternité,

Moi, qui ne veux être ni héros, ni victime,

Moi qui, avec endurance, veux seulement vivre digne 

Moi, le porte étendard de l’espérance,

Je n’ai que ma poésie.

 

Si le ciel trace ses chemins et plante des étoiles

Moi, j’ai choisi mon combat 

Qui fera sortir de sa torpeur le monde du silence !

J’ai choisi de m’exprimer en vers.

Chacune de mes lignes porte l’espérance !

J’exprime avec pudeur et sans haine le vécu d’un peuple,

Un cri légitime contre l’injustice.

(…)

 

Ziad Medoukh  "Poèmes d'espoir dans la douleur". Editions Scribest,collection "Écrits et cris de Palestine". 2016

18:41 | Lien permanent | Françoise